Le transfert d’ADN par génie génétique étant pour le moment un événement rare, il est souvent nécessaire de disposer d’un outil de sélection des plantes qui ont acquis le "gène d’intérêt". De plus la modification recherchée apportée par "le(s) gène(s) d’intérêt" peut être difficilement visualisable. Ainsi les OGM actuellement mis sur le marché ou à l’essai ont été obtenus par des techniques qui nécessitent l’utilisation de gènes permettant leur sélection ou "gènes marqueurs" à deux étapes distinctes :
1ère étape
Cultiver et multiplier spécifiquement des bactéries dans lesquelles ont été introduits les gènes que l’on souhaite transférer à un organisme donné. Cette étape bactérienne permet d’isoler et de multiplier le gène d’intérêt pour disposer d’une quantité suffisante d’ADN. Dans ce cas, le "gène marqueur" communément utilisé est un gène de résistance à un antibiotique qui provient d’une autre bactérie. En multipliant les bactéries sur un milieu contenant l’antibiotique considéré, on sélectionne et on multiplie les bactéries qui possèdent à la fois le gène d’intérêt et le gène de résistance aux antibiotiques.
Ce type de gène de résistance à un antibiotique, s’il est transféré dans la plante (cas du maïs Bt-176 de Novartis), ne peut pas fonctionner du fait de l’utilisation de régions régulatrices spécifiques des bactéries (la protéine n’est donc pas produite dans la plante). L’évolution des techniques doit maintenant permettre d’éviter la présence de ce type de gène.
2ème étape
Transférer le "gène d'intérêt" dans le génome de la plante. Cette étape nécessite aussi un gène marqueur pour identifier les cellules végétales où la modification génétique a eu lieu. Il s’agit également souvent d’un gène de résistance à un antibiotique mais qui dans ce cas est fonctionnel dans la plante (la protéine produite dégradera l’antibiotique). Ainsi, seules les cellules contenant le gène de résistance à un antibiotique et donc le gène d’intérêt peuvent survivre et se développer sur un milieu contenant l’antibiotique considéré.
Les méthodes alternatives à l’utilisation de gène de résistance à un antibiotique permettant la sélection des plantes transformées sont encore limitées aujourd’hui. Elles peuvent consister à :
Le rapport de l’Office Parlementaire d'Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques de la conférence des citoyens qui s’est tenue en juin 1998 indique que le risque d’une augmentation du phénomène de résistance aux antibiotiques qui serait lié aux plantes transgéniques est extrêmement limité ; il préconise l’élimination des gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques qui sont utilisés comme outils de sélection lors de la première étape au niveau des bactéries et recommande une évaluation au cas par cas de la présence de gènes de résistances aux antibiotiques qui sont utilisés lors de la deuxième étape et s’expriment dans les plantes.
Dans son Communiqué de Presse du 30 juillet 1998, le gouvernement s’est engagé à accroître l’effort de recherche en vue du développement d’autres techniques que celles qui utilisent les gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques. Il a aussi rappelé que le phénomène de résistance aux antibiotiques trouve essentiellement sa source dans l’utilisation excessive d’antibiotiques tant en santé humaine et vétérinaire que dans l’alimentation animale. Il a demandé un examen global des questions relatives au développement des antibiorésistances.
En 1999, la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) a organisé avec la Commission du Génie Génétique (CGG) un séminaire consacré à l’utilisation, en transgénèse végétale, de gènes marqueurs de résistance à un antibiotique. Les conclusions générales de ce séminaire sont les suivantes :
La directive 2001/18 en vigueur depuis octobre 2002 et qui remplace la directive 90/220 a pris en compte ces remarques. Son 22ème considérant précise qu’une "attention particulière devrait être accordée à la question des gènes de résistance aux antibiotiques lors de l’évaluation des risques des OGM contenant ces gènes". Son article 4 prévoit aussi "d’éliminer progressivement des OGM les marqueurs de résistance aux antibiotiques" qui sont susceptibles d’avoir des effets préjudiciables sur la santé humaine et l’environnement, d’ici le 31 décembre 2004 dans le cas des OGM mis sur le marché conformément à la partie C et d’ici le 31 décembre 2008 dans le cas des OGM autorisés en vertu de la partie B.
La Commission européenne a entrepris des travaux en vue d’identifier les gènes de résistance aux antibiotiques qui devraient être éliminés des futures constructions génétiques parce que pouvant présenter un effet néfaste sur la santé humaine et l’environnement.
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© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie - DGCCRF - septembre 2003 |