ÉCONOMIE RÉSULTATS GLOBAUX
Des échanges dynamiques
Le commerce extérieur en 2000
Article du bureau des Statistiques et des études économiques de la direction générale des Douanes et des droits indirects.
L'année 2000 se caractérise par une forte baisse de l'excédent commercial, de
108,5 MdF à 13,1 MdF (de 16,54 Md€ à 2 Md€). Trois facteurs expliquent ce recul : la
facture énergétique, la forte demande de biens intermédiaires et, enfin, le niveau
élevé des achats de biens de consommation. La compétitivité des produits français est
favorisée par un euro resté relativement faible par rapport au dollar durant l'ensemble
de l'année 2000. Les échanges restent dynamiques. Les importations (+ 20,1 %) ont
progressé plus fortement que les exportations (+ 13,8 %).
Au cours de l'année 2000, la conjoncture économique mondiale, bien orientée, a créé
un environnement favorable aux exportations. Ces dernières ont enregistré une hausse (+
13,8 %), qui est la plus importante de la décennie après celle intervenue en 1997.
Parallèlement, la progression des importations a été plus soutenue que celle des
exportations. En effet, sous l'incidence cumulée de la forte hausse des prix des produits
de base, de l'amélioration de la consommation des ménages et de la demande des
entreprises, la hausse des importations (+ 20,1 %) est à un niveau qu'elle n'avait pas
atteint depuis 1980.
En se situant à 13,1 MdF, soit 2 Md€, l'excédent commercial de l'année 2000 recule
de près de 100 MdF/15,24 Md€ (voir graphique 1).
Les flux ont progressé à un rythme identique au cours des deux premiers trimestres. Au
troisième trimestre, le différentiel de croissance des échanges, favorable aux
importations, entraîne la disparition de l'excédent mensuel. Après cette baisse
estivale, le solde mensuel demeure stationnaire au dernier trimestre de l'année (voir graphique 2).
Le bilan sectoriel
La facture énergétique s'est fortement alourdie du fait de la hausse du cours du
pétrole : le déficit de la branche énergie s'accroît de 78,3 MdF/11,94 Md€ et
franchit la barre des 150 MdF/22,87 Md€. La phase de hausse du prix du baril,
débutée durant l'hiver 1998-1999, a perduré en 2000 et creusé les déficits
bilatéraux avec nos fournisseurs de matières premières énergétiques. L'augmentation
du déficit de la branche énergie contribue à environ trois quarts de l'évolution du
solde. L'industrie civile affiche un solde en retrait de 25,1 MdF/3,83 Md€ par
rapport à 1999. Le solde de la balance commerciale est, pour une part importante, le
résultat de la forte croissance observée en l'an 2000. En effet, les bonnes performances
de l'économie française ont abouti à une forte utilisation de l'appareil productif,
induisant une consommation accrue des intrants. En conséquence, le solde de la branche
des biens intermédiaires s'est dégradé, avec une baisse sur l'ensemble des postes. La
saturation des capacités de production a entraîné un recours, parfois massif, aux
achats extérieurs, notamment en termes d'investissement des entreprises dans les biens
d'équipement mécanique, électrique ou électronique. Enfin, la consommation des
ménages a joué un rôle non négligeable dans la réduction de l'excédent, comme en
témoigne la vigueur des importations de biens d'équipement domestique. Seule la
diminution de l'excédent dans les échanges de matériel militaire est due à une baisse
des ventes de 22,1 % ; l'excédent diminue de 4 MdF/0,61 Md€ pour ce poste.
Enfin, l'excédent est conforté dans trois branches : les produits des industries
agroalimentaires, les produits de la construction automobile en raison de la bonne tenue
des exportations d'équipements pour automobiles, mais surtout la branche des biens
d'équipement, dont le solde s'accroît de 15,7 MdF/2,39 Md€, soutenue par la
construction aéronautique et navale.
| Évolution annuelle de la balance commerciale (données FAB-FAB en MdF) |
|
La valeur des importations ou des exportations est dite FAB
(franco à bord) quand elle comprend le coût départ-usine et le coût du transport du
lieu de production au poste frontière (chargement du navire compris quand il s'agit
d'exportation par voie maritime). Elle est dite CAF (coût-assurance-fret), lorsque la
valeur FAB des marchandises est augmentée du coût total du transport et des assurances,
en mer ou à travers des pays tiers, jusqu'à la frontière nationale du pays importateur.
Source : Douanes.
| Évolution mensuelle de la balance commerciale (données FAB-FAB CVS-CJO en MdF) |
|
Source : Douanes.
Le bilan géographique
Révélateur de la bonne santé de l'économie française et de la croissance relativement
soutenue de l'économie mondiale, les importations et les exportations de la France
progressent avec l'ensemble des zones. Les échanges sont à nouveau favorablement
orientés avec l'ensemble des pays de l'UE, notamment l'Allemagne et l'Italie, et ils
continuent de connaître une forte croissance avec l'Espagne, ainsi qu'avec la plupart des
pays candidats à l'UE. Les exportations bénéficient de facteurs favorables avec la
plupart des zones d'échanges. Les exportations progressent de plus de 25 % avec
l'Afrique, à la faveur de fortes opérations telles que la construction navale. Elles
augmentent de 22,2 % avec l'Asie, où la conjoncture est favorable (Japon et pays
émergents), et de 26,7 % avec l'Amérique, grâce à la bonne santé économique des
États-Unis tout au long de l'année 2000. Si la progression des exportations est plus
mesurée au Proche et au Moyen-Orient (+ 5,2 %) après une bonne année 1999, les
importations, composées majoritairement d'hydrocarbures, bondissent de 70,2 %.
Le différentiel de croissance entre les importations et les exportations n'empêche pas
une bonne tenue de nos produits sur les marchés étrangers avec une croissance des
exportations de 13,8 %. L'augmentation des ventes est particulièrement soutenue, malgré
un retrait au cours du troisième trimestre (- 0,2 %), largement compensé au quatrième
(+ 4 %). Au contraire, le niveau de croissance de chacun des flux souligne le rôle moteur
de la croissance économique française au sein de la zone euro, d'autant plus que les
logiques continentales de production qui se développent dans certaines branches, comme
l'automobile ou la construction aéronautique, ont pour effet de stimuler les échanges
avec les pays voisins.
Les fortes opérations
L'évolution des opérations de forte valeur (supérieure à 50 MF/7,62 M€) illustre
bien les variations constatées dans les échanges, tant du point de vue des branches que
selon l'aspect géographique. Les achats de matières premières énergétiques
constituent la progression la plus spectaculaire pour ce type d'opération.
Les opérateurs
En 2000, les entreprises actrices du commerce extérieur français ont été plus
nombreuses qu'en 1999. Cette croissance est plus importante pour les importateurs que pour
les exportateurs. Les échanges sont largement dominés par les services commerciaux, dont
la place parmi l'ensemble des opérateurs est essentielle.
Le palmarès dressé sur les échanges des onze premiers mois confirme la concentration du
commerce sur un faible nombre d'opérateurs. Les 20 premiers opérateurs représentent
19,6 % des importations et 21,7 % des exportations. En raison de la hausse des cours du
brut, Total Raffinage Distribution SA devient le premier importateur français. En
revanche, Renault conserve sa première place à l'exportation.
Les PMI représentent toutefois un tiers des opérateurs. La contribution des PMI
s'établit en moyenne à 28,3 %, chiffre en légère diminution relativement à 1999.
L'excédent commercial dégagé par les PMI diminue peu par rapport à 1999. Les PMI
restent excédentaires dans la plupart des secteurs, en particulier au sein des biens
intermédiaires, des biens d'équipement et de l'industrie agroalimentaire.
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Bilan par branches
Les échanges de produits issus de l'agriculture et de l'élevage sont
relativement peu actifs ; les flux de produits agricoles et de l'industrie agroalimentaire
croissent de 3,5 % à l'export et de 4,1 % à l'import, alors que l'industrie civile
connaît des évolutions supérieures à 15 %. Néanmoins, l'année 2000 est plus
dynamique que les deux précédentes, qui avaient vu une stabilité des exportations et de
faibles mouvements sur les achats extérieurs. Les deux branches du secteur
agroalimentaire sont excédentaires : les produits agricoles présentent un excédent de
14,2 MdF/2,16 Md€ en léger retrait par rapport à 1999, celui des produits des
industries agroalimentaires atteint 47,5 MdF/7,24 Md€ et progresse de 1,5 MdF/0,23
Md€.
En données corrigées, après un très bon second semestre 1999, la progression des
importations (+ 1 % et + 4,1 %) reprend, tandis que les ventes à l'étranger n'augmentent
que de 0,2 % et 1 % sur les deux semestres 2000, ce qui érode quelque peu l'excédent
semestriel même s'il reste à un bon niveau (30 MdF/4,57 Md€, contre 32 MdF/4,88
Md€ sur les six premiers mois 2000) (voir
tableau 1).
Second semestre 2000
en retrait pour les produits agricoles
La branche des produits agricoles présente un solde en très léger retrait par rapport
à l'année dernière : l'excédent s'élève à 14,2 MdF/2,16 Md€ contre 14,7
MdF/2,24 Md€. Après un bon début d'année, marqué par une bonne tenue des
exportations, le troisième trimestre voit les ventes à l'étranger chuter de - 5,3 %,
tandis que les importations se développent (+ 4,7 %) au quatrième trimestre : le second
semestre voit son excédent diminuer d'un quart de sa valeur par rapport à celui du
premier semestre. Suite à la tempête de décembre 1999, les exportations de bois
progressent de 34 %, notamment vers la Chine, la Belgique, les États-Unis et l'Espagne.
| Les échanges d'agroalimentaire (en MF) | ||||||
| Importations | Exportations | Solde | ||||
| Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | 2000 | 1999 | |
| Répartition par branche | 187 931 | 4,1 % | 249 653 | 3,5 % | 61 724 | 60 639 |
| Produits agricoles | 52 985 | 3,4 % | 67 183 | 2,0 % | 14 197 | 14 585 |
| Produits issus des industries agroalimentaires | 134 946 | 4,4 % | 182 470 | 4,1 % | 47 526 | 46 054 |
| Répartition géographique | ||||||
| Europe | 138 372 | 2,9 % | 190 568 | 1,5 % | 52 196 | 53 366 |
| Union européenne | 128 530 | 3,0 % | 176 453 | 1,5 % | 47 924 | 49 114 |
| Afrique | 15 562 | 2,9 % | 14 211 | 21,2 % | - 1 350 | - 3 400 |
| Amérique | 20 021 | 8,3 % | 20 026 | 9,8 % | 4 | - 253 |
| Proche et Moyen-Orient | 1 814 | 5,0 % | 7 381 | - 8,9 % | 5 567 | 6 373 |
| Asie | 10 769 | 14,5 % | 16 512 | 14,6 % | 5 744 | 5 001 |
| Autres | 1 391 | 2,4 % | 954 | 4,5 % | - 436 | - 445 |
Source : Douanes.
Les ventes de
céréales
Après une bonne année 1999, les échanges de céréales, tout en restant largement
excédentaires, sont moins favorables, avec une progression des importations et une
stagnation des exportations.
Suite à la sécheresse de 1999 en Afrique du Nord, les ventes en direction de l'Algérie,
du Maroc et de la Tunisie ont augmenté de respectivement 58,6 %, 89 % et 45,1 % : les
deux premiers pays deviennent nos quatrième et sixième acheteurs de blé, le dernier,
notre onzième débouché. Par ailleurs, les échanges avec la Russie ont retrouvé leur
niveau de 1998, après les ventes exceptionnelles de 1999 liées à la mauvaise récolte
de blé pour l'année 1998. Les ventes vers l'Iran ont, elles aussi, fortement diminué
après une année 1999 exceptionnelle, ce qui aboutit à la baisse de l'excédent.
L'industrie
agroalimentaire
Le solde de la branche des produits de l'industrie agroalimentaire a connu une évolution
assez heurtée au cours de l'année 2000 ; toutefois, après une année 1999 où les deux
flux étaient orientés à la baisse, la balance 2000 s'affermit, en raison d'un deuxième
trimestre dynamique. Hormis les produits des industries alimentaires diverses, les autres
branches voient leur excédent augmenter.
Les ventes d'alcool
Après une année 1999 marquée par les festivités du passage à l'an 2000, les ventes et
achats de boissons alcoolisées connaissent un volume moins élevé, quoique supérieur à
l'année 1998.
Les ventes de champagne représentent toujours le premier poste. Après deux années de
forte hausse et un record de 12,1 MdF/1,84 Md€ d'excédent, elles sont en net repli
avec une baisse de 15,5 %. Il faut voir là un effet de l'an 2000 qui avait porté les
ventes à un niveau exceptionnel : celles-ci avaient progressé de 34 % en 1999. Il en va
de même pour les autres vins mousseux qui, après une croissance de 39 %, connaissent une
chute de 25,5 %.
Les ventes de cognac restent bien orientées avec une croissance de 14,5 %, qui fait suite
à une croissance de 3 % observée l'année précédente.
Les vins de Bordeaux connaissent, après deux années exceptionnelles (1997 et 1998)
obtenues grâce aux millésimes 1995 et 1996, une baisse progressive de leurs ventes à
l'étranger : après - 3 % en 1999, l'année 2000 voit celles-ci diminuer de - 1,9 %.
Les vins de Bourgogne enregistrent des ventes en progression de 3 %.
Les biens de consommation présentent un déficit en augmentation de 16,3 MdF, en
raison principalement de la hausse soutenue des importations dont la croissance atteint
16,9 % cette année, rythme inédit sur les dix dernières années. Les exportations
enregistrent, pour leur part, une croissance soutenue avec 12,3 %, ce qui est en soi une
excellente performance, seulement dépassée par l'année 1997 qui avait été une année
record pour la croissance des ventes de cette branche. Le commerce extérieur français
présente sur cette catégorie de produits un déficit de 45,1 MdF/6,88 Md€, au
niveau de l'année 1991 (45,3 MdF/6,91 Md€). Les variations du solde les plus fortes
sont enregistrées avec l'Asie et l'Europe, et atteignent respectivement 10,8 MdF/1,65
Md€ et 7,3 MdF/1,11 Md€. Le déficit 2000 de la branche retrace ces mouvements
et s'accroît (voir tableau 2).
La branche
habillement et cuir
Dans la branche habillement et cuir, les flux croissent presque à la même vitesse, ce
qui se traduit par une augmentation du déficit de la branche de 3,9 MdF/0,59 Md€ (-
41,7 MdF/- 6,36 Md€). Après un très bon premier semestre, la croissance des
exportations a chuté de 8,3 % à 1,2 %, tandis que les achats à l'étranger
connaissaient un moindre ralentissement, passant de 6,6 % à 4,9 %. Les ventes de cuir et
de chaussures croissent plus rapidement que les achats, alors que le constat est inverse
pour les produits d'habillement : la dégradation du solde des premiers est de 0,3
MdF/0,05 Md€ ; les seconds abandonnent plus de 3,6 MdF/0,55 Md€.
Les produits de
l'édition
Pour le commerce de produits de l'édition, le taux de couverture passe la barre des 100
%, dans un contexte de flux en progression relativement forte au vu des évolutions
observées ces dernières années : + 7,1 % pour les ventes à l'étranger et + 6,3 % pour
les achats extérieurs.
Les secteurs
pharmaceutique et parachimique
Dans le secteur pharmaceutique et parachimique, les importations progressent de 21,8 %,
les ventes de la branche augmentent de 13,9 %. L'excédent de la branche est stable à
42,7 MdF/6,52 Md€, contre 42,3 MdF/6,45 Md€ en 1999. Ce chiffre constitue un
nouveau record pour la branche. À un niveau plus fin, la hausse résulte de deux
mouvements contraires. Le solde des seuls produits pharmaceutiques est en retrait de 1,6
MdF/0,24 Md€, malgré une progression de 17,9 % des exportations, car les
importations augmentent de 25 %. Les parfums et autres produits d'entretien, avec des flux
en moindre activité, soutiennent la croissance de l'excédent. Un différentiel de
progression de 1,6 point en faveur des importations influe peu sur ce résultat. Les
ventes à destination de l'Amérique du Nord progressent fortement, alors que les
débouchés en Europe occidentale, qui reste le premier marché pour ces produits,
s'atténuent.
Les biens
d'équipement domestique
Néanmoins, ces évolutions sont moins importantes, en regard des échanges de biens
d'équipement domestique : malgré la bonne croissance des ventes (+ 12,4 %), la
progression des achats de 20,1 % pour ce type de biens creuse un écart supplémentaire de
12,8 MdF/1,95 Md€ pour un déficit record de 46,1 MdF/7,03 Md€. Le solde n'a
cessé de se détériorer depuis le second semestre 1998, avec un troisième trimestre
2000 fortement déficitaire : le taux de couverture a perdu 4,6 points, passant de 70,6 %
à 66 %. Tous les équipements domestiques ont concouru à l'aggravation du déficit de la
branche, en raison de la vigueur des importations ; par exemple, les achats extérieurs
d'articles de sport et de jeux ont augmenté de 20,6 %, les achats de produits bruns de 24
%. Toutefois le dernier trimestre est encourageant, avec des importations en baisse et des
exportations en hausse.
La vigueur des échanges de biens de consommation, et particulièrement de ceux destinés
à l'équipement du foyer, est révélatrice de l'excellente tenue de la consommation des
ménages.
| Les échanges de biens de consommation (en MF) | ||||||
| Importations | Exportations | Solde | ||||
| Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | 2000 | 1999 | |
| Répartition par branche | 329 060 | 16,9 % | 283 952 | 12,3 % | - 45 109 | - 28 760 |
| Habillement, cuir | 94 669 | 10,1 % | 52 938 | 9,8 % | - 41 730 | - 37 802 |
| Produits de l'édition, imprimés ou reproduits | 12 749 | 6,3 % | 12 794 | 7,1 % | 46 | - 50 |
| Produits pharmaceutiques, de parfumerie, d'entretien | 86 020 | 21,8 % | 128 673 | 13,9 % | 42 652 | 42 314 |
| Équipements domestiques | 135 623 | 20,1 % | 89 548 | 12,4 % | - 46 075 | - 33 230 |
| Répartition géographique | ||||||
| Europe | 195 310 | 13,4 % | 192 807 | 8,9 % | - 2 503 | 4 778 |
| Union européenne | 160 330 | 11,1 % | 158 313 | 6,9 % | - 2 017 | 3 760 |
| Afrique | 17 889 | 9,1 % | 17 224 | 8,3 % | - 665 | - 485 |
| Amérique | 25 496 | 32,7 % | 32 849 | 30,7 % | 7 353 | 5 914 |
| Proche et Moyen-Orient | 1 291 | 40,0 % | 8 441 | 10,4 % | 7 151 | 6 721 |
| Asie | 85 279 | 23,4 % | 31 106 | 20,8 % | - 54 172 | - 43 363 |
| Autres | 3 794 | 3,5 % | 1 525 | 13,3 % | - 2 269 | - 2 322 |
Source : Douanes.
Après deux années de contraction de l'excédent, l'industrie automobile retrouve un
solde en progression de 7,2 MdF/1,1 Md€ (voir
graphique 3). Celui-ci s'établit à 61,2 MdF/9,33 Md€, proche du niveau
record de l'année 1997. Les deux flux progressent à peu près à un rythme identique
d'environ 11 %. La branche étant structurellement fortement excédentaire, cela permet à
l'industrie automobile d'être à l'origine du plus fort excédent commercial français,
devant la branche des biens d'équipement. La construction automobile connaît une
légère progression du solde à 61,2 MdF/9,33 Md€, aidée en cela par une hausse
vigoureuse des exportations d'équipements pour automobiles (+ 16,3 %).
Du point de vue géographique, toutes les zones connaissent un accroissement du solde.
L'excédent avec l'Europe progresse de 2,4 MdF/0,37 Md€ mais diminue avec l'UE (voir
graphique 3) ; le déficit avec l'Asie est réduit, notamment grâce à la bonne
tenue des exportations de véhicules.
Des ventes
d'équipements pour automobiles
L'évolution la plus sensible est celle des équipements pour automobiles, en raison d'une
forte croissance des exportations (+ 16,3 %), tandis que les importations ont connu une
moindre progression (+ 11,1 %). Cette branche connaît une forte appréciation du solde,
avec un excédent en hausse de 7,6 MdF/1,16 Md€ ; il atteint ainsi le niveau
exceptionnel de 38 MdF/5,79 Md€. Cette hausse est en grande partie atteinte par
l'augmentation des échanges avec l'Europe, au premier titre de laquelle l'Espagne avec
qui l'excédent gagne 6,3 MdF/0,96 Md€, mais aussi l'Italie vers laquelle les
expéditions progressent de 20,9 %.
Les exportations sont aussi bien orientées en direction de l'Amérique du Sud, notamment
vers l'Argentine qui enregistre une hausse de 35,9 % des exportations. Dans l'autre sens,
les introductions en provenance d'Allemagne d'équipements pour automobiles sont en forte
progression (+ 11 %), avec 1,9 MdF/0,29 Md€ d'achats supplémentaires.
| Les échanges de produits de l'industrie automobile (en MF) | ||||||
| Importations | Exportations | Solde | ||||
| Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | 2000 | 1999 | |
| Répartition par branche | 220 307 | 11,0 % | 281 480 | 11,5 % | 61 171 | 53 970 |
| Produits de la construction automobile | 164 421 | 11,0 % | 187 628 | 9,2 % | 23 207 | 23 602 |
| Équipements automobiles | 55 887 | 11,1 % | 93 852 | 16,3 % | 37 996 | 30 373 |
| Répartition géographique | ||||||
| Europe | 200 888 | 11,5 % | 247 326 | 10,3 % | 46 438 | 44 074 |
| Union européenne | 189 506 | 10,4 % | 222 639 | 8,3 % | 33 133 | 33 804 |
| Afrique | 544 | 38,1 % | 10 855 | 18,9 % | 10 311 | 8 739 |
| Amérique | 5 339 | 19,4 % | 14 463 | 11,5 % | 9 124 | 8 499 |
| Proche et Moyen-Orient | 94 | 28,6 % | 3 502 | 55,5 % | 3 408 | 2 178 |
| Asie | 10 287 | 2,3 % | 4 489 | 39,2 % | - 5 798 | - 6 829 |
| Autres | 3 156 | - 5,7 % | 845 | 28,9 % | - 2 311 | - 2 692 |
Source : Douanes.
Hausse des achats de
véhicules à l'étranger
Après une année 1999 qui avait vu une faible croissance des ventes d'automobiles et de
poids lourds, la branche retrouve la vigueur qui était la sienne ces dernières années,
avec une progression de 9,2 %. Néanmoins, la hausse persistante des achats à
l'étranger, en augmentation de 11 % pour l'année 2000, a empêché l'industrie
automobile d'améliorer son excédent sur les produits finis de la branche. En effet,
l'Europe voit une chute d'un quart de sa valeur de l'excédent ; du fait de l'augmentation
de 11,4 MdF/ 1,74 Md€ des importations, l'Espagne et l'Allemagne présentent un
déficit alourdi de 11,1 MdF/1,69 Md€ par rapport à 1999, atteignant 34,7 MdF/5,29
Md€ sur ces deux pays. Ce solde connaît des évolutions de nature très différente
et très contrastée. Si l'Allemagne est pour la branche automobile un pays fournisseur
avec un taux de couverture de 63,2 %, les échanges avec l'Espagne sont plus équilibrés
avec un taux de couverture égal à 112,9 %. Par ailleurs, les échanges avec les PECO
connaissent un développement rapide (+ 39 % à l'import et + 21,2 % à l'export).
Les exportations vers la Turquie ont plus que doublé ; les produits de la construction
automobile deviennent un poste excédentaire avec ce pays. L'excédent avec le Royaume-Uni
est consolidé à hauteur de 17,3 MdF/ 2,64 Md€, en hausse de 1,7 MdF/0,26 Md€. Les
ventes de véhicules vers l'Asie progressent de 66,8 %.
| Solde de la branche automobile avec l'Union européenne |
|
Source : Douanes.
L'année 2000 est une excellente année pour la branche des biens
d'équipement (voir tableau 4). Après
deux ans de réduction de l'excédent engendrée par une croissance relativement plus
forte des importations par rapport aux exportations, la branche connaît cette année un
solde record atteignant 52,4 MdF/7,99 Md€, en progression de 15,7 MdF/2,39 Md€.
Cette reprise permet à la branche de présenter un excédent supérieur à celui obtenu
par le secteur industriel de l'agroalimentaire et d'approcher le niveau de l'industrie
automobile. Ce contexte est d'autant plus satisfaisant qu'il est dû à une très forte
croissance des exportations : les achats s'accroissent de 16,3 %, les ventes à
l'étranger gagnent 18,5 %. Aux résultats médiocres enregistrés dans le domaine de la
micro-informatique correspondent des bonnes performances de la téléphonie mobile ainsi
que de la construction aéronautique et navale.
Les biens
d'équipement professionnels mécaniques
La branche subit une dégradation du solde, notamment en raison d'une poussée assez forte
(+ 13,7 %) des achats. Cette branche connaît donc un déficit pour la première fois
depuis 1992, avec un solde de - 8,8 MdF/- 1,34 Md€. L'ensemble des postes concourent
à cette évolution, et plus particulièrement les machines-outils et les équipements
frigorifiques, signe d'un investissement soutenu des entreprises.
| Les échanges de biens d'équipement (en MF) | ||||||
| Importations | Exportations | Solde | ||||
| Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | 2000 | 1999 | |
| Répartition par branche | 487 282 | 16,3 % | 539 698 | 18,5 % | 52 414 | 36 733 |
| Industrie des transports | 96 108 | 13,5 % | 167 263 | 23,6 % | 71 156 | 50 628 |
| Équipements mécaniques | 178 987 | 13,7 % | 170 173 | 6,3 % | - 8 814 | 2 649 |
| Équipements électriques et électroniques | 212 187 | 20,0 % | 202 262 | 26,2 % | - 9 925 | - 16 540 |
| Répartition géographique | ||||||
| Europe | 282 255 | 14,7 % | 314 610 | 13,6 % | 32 355 | 30 921 |
| Union européenne | 256 316 | 12,7 % | 269 825 | 14,8 % | 13 508 | 7 646 |
| Afrique | 1 567 | 25,3 % | 40 393 | 52,7 % | 38 827 | 25 200 |
| Amérique | 110 261 | 17,2 % | 111 718 | 32,3 % | 1 457 | - 9 646 |
| Proche et Moyen-Orient | 1 991 | 40,8 % | 18 532 | - 6,0 % | 16 540 | 18 302 |
| Asie | 80 079 | 25,8 % | 48 915 | 15,3 % | - 31 164 | - 21 247 |
| Autres | 11 129 | - 10,4 % | 5 532 | - 1,7 % | - 5 597 | - 6 794 |
Source : Douanes.
Les biens
d'équipement professionnels électriques et électroniques
Cette branche connaît une conjoncture favorable, avec une croissance des exportations de
26,2 % et des importations de 20 % ; il en résulte une réduction du déficit de la
branche, qui atteint - 9,9 MdF/ - 1,51 Md€ cette année. Cette évolution est
largement soutenue par la téléphonie mobile (voir encadré) ; les appareils de diffusion
du son et de l'image permettent à la France d'obtenir un excédent de 34,2 MdF/5,21
Md€. Ceci compense l'important mouvement de baisse du solde de l'électronique
professionnelle, qui inclut l'ensemble de la micro-informatique : pour la troisième
année consécutive, ce poste se creuse encore de 7,4 MdF/ 1,13 Md€, pour atteindre -
41,1 MdF/- 6,27 Md€, notamment en raison d'une progression plus importante des achats
par rapport à celle des ventes. Grâce à la bonne tenue des exportations, le déficit du
poste matériel médical reste stable à - 2,9 MdF/ - 0,44 Md€.
| La téléphonie mobile |
En 2000, la téléphonie mobile s'est fortement développée. Les échanges de ce bien ont considérablement progressé : la hausse est de 44,4 % pour les importations par rapport à l'année 1999 et de 102,8 % pour les exportations. La valeur échangée est de 12,7 MdF/1,94 Md€ à l'import et de 34,9 MdF/ 5,32 Md€ à l'export, soit un solde positif de 22,2 MdF/3,38 Md€, alors qu'il n'était que de 8,4 MdF/1,28 Md€ en 1999. Les pays européens sont nos premiers partenaires mondiaux sur cette gamme de produits, comme en atteste l'ordre suivant à l'export : Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Taïwan et Singapour. À l'import, les pays scandinaves sont bien placés puisqu'on retrouve la Finlande en deuxième position et la Suède en cinquième place, alors que l'Allemagne se classe encore première et la Grande-Bretagne troisième, Singapour ne venant qu'au quatrième rang. |
| Flux de téléphones mobiles en 1999 et 2000 (en MF) |
|
Source : Douanes.
Succès
aéronautiques et navals
À l'origine de ce constat, l'excédent de l'industrie des transports s'établit en 2000
à 71,2 MdF/10,85 Md€, en hausse de 20,5 MdF/3,13 Md€. Le différentiel de
croissance des flux est de 10,1 points en faveur des exportations. Deux facteurs
expliquent cette bonne performance : la construction aéronautique avec un nouveau record
battu pour les ventes d'Airbus, mais aussi une année particulièrement active dans la
construction navale.
Au cours de l'année 2000, les ventes d'Airbus confirment le record obtenu en 1999 (voir graphique 4). Le bilan du consortium est à
nouveau remarquable : 164 appareils, soit deux de moins que l'année précédente, ont
été exportés depuis la France pour une valeur globale de 73,7 MdF/11,24 Md€, en
hausse de 13,8 % par rapport à 1999. La répartition par type d'appareil n'évoluant que
très faiblement, la croissance des ventes est obtenue grâce à des prix unitaires en
nette augmentation (voir graphique 5).
Au niveau géographique, les ventes progressent à destination de l'Amérique, et plus
particulièrement des États-Unis, et de l'Afrique, aux dépens du Proche et Moyen-Orient
et de l'Asie. Elles progressent avec les plus proches partenaires européens de la France,
tandis que la Chine et les Émirats arabes unis, premiers clients au titre de 1999,
s'effacent (voir graphique 6).
| Les zones clientes pour les Airbus en 2000 |
|
Source : Douanes.
| Les ventes d'Airbus depuis 1986 |
|
Source : Douanes.
| Part des types d'appareils dans les ventes d'Airbus |
|
Source : Douanes.
Les échanges d'avions moyens porteurs (avions de moins de 15 tonnes et de plus de 50
MF/7,62 M€) participent également aux bons résultats de la branche avec la vente de
114 appareils pour un montant de 15,6 MdF/2,38 Md€ (114 appareils pour 12,2 MdF/ 1,86
Md€ en 1999) ; les achats extérieurs s'élèvent à 2,8 MdF/0,43 Md€ pour 24
appareils (25 pour 2,3 MdF/ 0,35 Md€ en 1999).
La construction navale connaît un millésime 2000 d'une exceptionnelle qualité : six
fortes opérations d'une valeur de plus de 1 MdF/0,15 Md€ ont été effectuées cette
année, constituées de quatre paquebots, dont le Millenium, et de deux plates-formes
pétrolières, tous livrés au Liberia. En comparaison, le bilan 1999 ne faisait
apparaître qu'une seule opération.
La branche connaît, en l'an 2000, un déficit de 35,7 MdF/5,44 Md€. La vitalité
des flux, avec 20,4 % d'augmentation des importations et 14,9 % des exportations, est à
l'origine de ce déficit, le plus important enregistré depuis 1992. Les deux flux ont
connu une évolution similaire, avec un bon premier semestre, suivi d'un troisième
trimestre en retrait et d'un redémarrage en fin d'année (voir tableau 5).
Les produits
minéraux
Le dynamisme du secteur de la construction a accentué le déficit de la branche des
produits minéraux qui passe de - 3,9 MdF/- 0,59 Md€ à - 6,2 MdF/ -0,95 Md€.
Les produits non
finis de l'industrie textile
Ils restent relativement stables avec un déficit atteignant - 4,7 MdF/- 0,72 Md€,
les flux n'évoluant que faiblement dans cette branche.
La
filière bois et papier
Elle enregistre un accroissement du déficit de 5,6 MdF/ 0,85 Md€, celui-ci
dépassant 22,2 MdF/3,38 Md€.
| Les échanges de biens intermédiaires (en MF) | ||||||
| Importations | Exportations | Solde | ||||
| Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | 2000 | 1999 | |
| Répartition par branche | 709 072 | 20,4 % | 673 365 | 14,9 % | - 35 707 | - 2 696 |
| Minéraux | 43 228 | 11,6 % | 36 991 | 6,3 % | - 6 234 | - 3 937 |
| Textile | 54 643 | 7,6 % | 49 940 | 8,0 % | - 4 706 | - 4 527 |
| Bois et papier | 77 775 | 19,9 % | 55 542 | 15,1 % | - 22 232 | - 16 594 |
| Chimie | 239 154 | 14,0 % | 250 058 | 13,1 % | 10 903 | 11 426 |
| Métaux | 158 136 | 26,3 % | 145 355 | 18,9 % | - 12 782 | - 3 002 |
| Composants électriques et électroniques | 136 135 | 36,8 % | 135 480 | 19,4 % | - 655 | 13 944 |
| Répartition géographique | ||||||
| Europe | 524 146 | 17,0 % | 505 292 | 13,1 % | - 18 854 | - 1 443 |
| Union européenne | 470 406 | 16,4 % | 443 550 | 12,4 % | - 26 855 | - 9 294 |
| Afrique | 16 841 | 16,3 % | 33 241 | 10,2 % | 16 399 | 15 681 |
| Amérique | 74 040 | 31,8 % | 64 040 | 19,4 % | - 9 999 | - 2 552 |
| Proche et Moyen-Orient | 3 265 | 19,5 % | 12 602 | 19,7 % | 9 337 | 7 797 |
| Asie | 84 200 | 38,2 % | 54 874 | 30,5 % | - 29 326 | - 18 874 |
| Autres | 6 578 | 2,1 % | 3 319 | 5,8 % | - 3 259 | - 3 303 |
Source : Douanes.
L'industrie chimique
L'industrie chimique est la seule à obtenir cette année un solde positif de 10,9
MdF/1,66 Md€, en léger retrait en regard de celui observé en 1999. La bonne tenue
de cette branche est la conséquence de flux bien orientés dans les domaines de la chimie
et, dans une moindre mesure, des produits en caoutchouc. Ces deux postes connaissent une
amélioration de leur solde : + 4,2 MdF/+ 0,64 Md€ et + 0,5 MdF/+ 0,08 Md€. Ces
bons résultats sont, en partie, masqués par une croissance soutenue des importations de
biens intermédiaires en plastique ; il en résulte un déficit plus important - de 3,2
MdF/0,49 Md€ - pour ce poste.
Les métaux et
produits métalliques
Le solde de la branche des métaux et produits métalliques perd 9,8 MdF/1,49 Md€,
avec un déficit de 12,8 MdF/1,95 Md€. Les importations de métaux non ferreux sont
une des causes principales de cette détérioration. Le déficit du poste est en
progression de 6,5 MdF/ 0,99 Md€ ; les zones les plus concernées sont l'Europe et
spécialement les PECO et la CEI, avec une hausse de 2,3 MdF/0,35 Md€ des imports (+
39,7 %). Ceci est pratiquement compensé par une progression de 23,9 % des exportations,
notamment vers l'Amérique du Nord où les achats de produits français augmentent
fortement.
Les composants
électriques et électroniques
L'évolution la plus importante est observée pour la branche des composants électriques
et électroniques, dont le solde se dégrade de 14,6 MdF/2,23 Md€ et devient négatif
(- 0,7 MdF/- 0,11 Md€) pour la première fois depuis neuf ans. Importations et
exportations sont respectivement en progression de 36,8 % et 19,4 %, ces évolutions
atteignant 56,3 % et 29,8 % pour le poste des composants électroniques. Les composants
électriques évoluent de façon sensible avec une zone unique : l'Asie, qui enregistre
une progression des importations de 47,8 % et accumule un déficit de 5,9 MdF/0,9
Md€, malgré un score élevé de + 24,5 % pour les exportations. Les composants
électroniques voient leur solde baisser avec l'ensemble des grands partenaires sur ce
type de produits : - 6,4 MdF/- 0,98 Md€ avec l'Amérique du Nord pour atteindre - 9,3
MdF/- 1,42 Md€, - 4,3 MdF/- 0,66 Md€ avec l'Europe occidentale à + 4 MdF/0,61
Md€, - 4,4 MdF/ - 0,67 Md€ avec l'Asie avec un déficit de 8,8 MdF/ 1,34
Md€, tandis que les PECO et l'Afrique du Nord réduisent légèrement le déficit
global. La progression de la consommation industrielle des biens intermédiaires a
entraîné une certaine pénurie sur le marché français, ce qui a incité les
consommateurs de ces biens à s'approvisionner sur le marché nord-américain.
| Les échanges de produits énergétiques (en MF) | ||||||
| Importations | Exportations | Solde | ||||
| Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | Valeurs 2000 | Évol. 2000/1999 | 2000 | 1999 | |
| Répartition par branche | 219 129 | 79,0 % | 64 415 | 40,0 % | - 154 716 | - 76 420 |
| Combustibles | 217 388 | 80,3 % | 44 374 | 63,9 % | - 173 013 | - 93 486 |
| Électricité, eau, gaz | 1 741 | - 6,8 % | 20 041 | 5,8 % | 18 301 | 17 065 |
| Répartition géographique | ||||||
| Europe | 126 163 | 82,1 % | 50 626 | 31,6 % | - 75 537 | - 30 808 |
| Union européenne | 53 273 | 61,1 % | 37 972 | 34,7 % | - 15 301 | - 4 893 |
| Afrique | 36 669 | 77,6 % | 3 643 | 107,2 % | - 33 025 | - 18 890 |
| Amérique | 6 156 | 40,5 % | 6 675 | 107,3 % | 518 | - 1 162 |
| Proche et Moyen-Orient | 47 314 | 82,8 % | 889 | 51,1 % | - 46 425 | - 25 299 |
| Asie | 2 645 | 32,3 % | 2 058 | 11,9 % | - 587 | - 159 |
| Autres | 182 | - 22,5 % | 524 | 296,0 % | 342 | - 102 |
Source : Douanes.
La branche énergie présente un déficit de 154,7 MdF/23,58 Md€ : sur les trente
dernières années, la facture n'a jamais été aussi lourde, en dehors de la période
1980-1985 consécutive au second choc pétrolier. Les importations de pétrole brut et de
gaz s'établissent à 156,7 MdF/23,89 Md€, en accroissement de 90,9 % par rapport à
l'année précédente, ce qui représente l'ensemble des achats effectués en 1998 et
1999. Les premiers bénéficiaires de cet accroissement sont la Norvège et la Russie,
avec une progression substantielle des achats en provenance de ces pays, mais l'ensemble
des fournisseurs de produits pétroliers en profitent largement, avec des variations de
l'ordre de 47,3 % à 126,3 % (voir tableau 6).
Les tensions sur le marché du pétrole, qui avaient déjà abouti à un alourdissement de
la facture pétrolière en 1999, ont eu cette année des répercussions encore plus
importantes en raison d'un prix du baril beaucoup plus élevé. Alors que la moyenne du
prix du baril de pétrole était de 18 $ en 1999, il était de 26 $ au début de l'année
et à plus de 30 $ en fin d'année, la moyenne se situant aux environs de 29 $. Les
opérateurs ont réduit dans un premier temps leurs achats de pétrole brut ; néanmoins,
l'entrée dans l'hiver a relancé les importations à la hausse, alors que les prix
étaient à leur niveau le plus haut. Pour l'année 2000, le poste des combustibles accuse
un déficit de 173 MdF/26,37 Md€. Le premier semestre affiche un déficit moindre de
79,4 MdF/12,10 Md€, grâce au deuxième trimestre marqué par une chute temporaire
des cours du baril de pétrole. Cette valeur est de 94 MdF/14,33 Md€ pour le second
semestre, en raison d'un déficit de 51,6 MdF/7,87 Md€ au dernier trimestre (soit un
rythme annuel de 200 MdF/ 30,49 Md€, etc.).
La répartition des échanges avec nos principaux fournisseurs d'hydrocarbures naturels a
beaucoup évolué (voir tableau 7). De
nombreux pays ont vu leurs livraisons à la France plus que doubler : c'est le cas de la
Norvège (+ 126,3 %), qui conforte ainsi sa place de premier fournisseur de pétrole brut
et de gaz, et du Nigeria (+ 89,1 %) qui devient notre septième partenaire en lieu et
place de l'Iran, ainsi que de la Libye (+ 106,8 %) qui prend place parmi les dix premiers
fournisseurs au détriment de la Syrie. La Russie, avec une progression de 72,6 % de ses
ventes vers la France, devient notre troisième fournisseur devant le Royaume-Uni. Les
progressions enregistrées tiennent en grande partie à l'organisation des
approvisionnements par les compagnies pétrolières.
| Les dix premiers fournisseurs d'hydrocarbures (données CAF en MF) | ||||
| Rang | Pays | Valeur 1999 | Valeur 2000 | Évolution (%) |
| 1 | Norvège | 18 051 | 40 849 | 126,3 % |
| 2 | Arabie Saoudite | 11 433 | 21 330 | 86,6 % |
| 3 | Russie | 9 641 | 16 645 | 72,6 % |
| 4 | Royaume-Uni | 10 581 | 15 586 | 47,3 % |
| 5 | Algérie | 7 363 | 12 811 | 74,0 % |
| 6 | Irak | 4 988 | 9 421 | 88,9 % |
| 7 | Nigeria | 4 057 | 7 673 | 89,1 % |
| 8 | Iran | 4 741 | 7 111 | 50,0 % |
| 9 | Pays-Bas | 2 290 | 3 865 | 68,8 % |
| 10 | Libye | 1 846 | 3 819 | 106,8 % |
Source : Douanes.
Les exportations
d'énergie électrique
Elles croissent de 5,8 % et dépassent la barre des 20 MdF/3,05 Md€. Après cinq
années consécutives de baisse, les résultats de la branche progressent de nouveau. Les
effets de la tempête subie par la France à la fin du mois de décembre 1999 ont quelque
peu grevé le solde, mais le reste de l'année a été favorable. Les excédents avec
l'Espagne, la Suisse et l'Allemagne sont en hausse de plus d'un dixième de leur valeur de
1999, grâce à des ventes en progression, respectivement, de 16,2 %, 11,3 % et 10,4 %.
| Évolution de la facture pétrolière (en francs constants 2000) | ||||
| 1973 | 1980 | 1999 | 2000 | |
| Solde en francs courants des échanges de pétrole brut | - 15,8 | - 111,8 | - 81,2 | - 152,5 |
| Solde en francs courants des échanges de pétrole raffiné | 1,3 | - 2,1 | - 7,6 | - 13,0 |
| Solde en francs courants des échanges de pétrole | - 14,5 | - 113,9 | - 88,8 | - 165,5 |
| Pouvoir d'achat en 2000 d'un franc de l'année | 4,55 | 2,18 | 1,02 | 1,00 |
| Solde en francs constants des échanges de pétrole brut | - 71,9 | - 243,3 | - 82,4 | - 152,5 |
| Solde en francs constants des échanges de pétrole raffiné | 5,9 | - 4,6 | - 7,8 | - 13,0 |
| Solde en francs constants des échanges de pétrole | - 66,0 | - 247,9 | - 90,2 | - 165,5 |
| Indépendance énergétique | 25,3 % | 29,9 % | 49,3 % | 46,6 % (1) |
(1) Moyenne sur la période décembre 1999-novembre 2000.
Sources : Douanes, Insee, Dimah.
| Évolution des cours du baril et du dollar |
|
Source : Dimah.
Le brent, le dollar
et l'euro
Le renchérissement de la facture pétrolière s'est produit sous les effets conjugués de
la hausse du prix du baril de pétrole et de celle du dollar (voir graphique 7) et (voir tableau 8).
Néanmoins, la relative faiblesse de l'euro face au billet vert ne joue que de manière
relative dans l'enchérissement du pétrole brut. Certes, la monnaie américaine a gagné
29,4 % depuis le début de l'année 1999, mais elle est restée assez stable tout au long
du premier semestre 2000, avec une hausse de 6,7 %, avant que l'appréciation du dollar
face à l'euro ne s'accélère jusqu'au mois d'octobre 2000 (+ 18,6 % par rapport au mois
de janvier 2000). Le cours du baril a suivi, quant à lui, une progression beaucoup plus
soutenue avec une multiplication par trois des cours tout au long des deux dernières
années, et particulièrement au cours de l'année 1999, où la hausse a atteint 128,8 % (voir graphique 8). De fait, l'aggravation du
déficit s'est largement opérée au cours de l'année 1999 : au premier trimestre de
1999, le déficit de la branche énergie était de 13,2 MdF/2,01 Md€, alors que ce
chiffre était de 35,1 MdF/5,35 Md€ pour la même période de l'an 2000.
Dans un premier temps, le volume des importations de pétrole brut a suivi l'évolution du
prix du baril, les groupes pétroliers réduisant sensiblement leurs achats jusqu'au
début de l'hiver 1999-2000. Les achats sont repartis à la hausse à partir du second
semestre 2000, d'une part avec l'approche de l'hiver, et d'autre part à la suite de la
réunion de l'Opep au mois de septembre 2000, qui a mis un frein à la hausse des cours.
Au mois de décembre, qui a vu la chute conjointe des cours du pétrole et du dollar, les
importations de pétrole se sont raffermies en volume.
Vers un nouveau choc
pétrolier ?
La facture énergétique a atteint un niveau très élevé en 2000, largement supérieur
à celui observé au cours des dix dernières années et proche des valeurs, en francs
courants, consécutives au second choc pétrolier. Toutefois, en francs constants, les
importations de pétrole brut sont bien moindres qu'avant le contre-choc pétrolier de
1986. En francs constants (base 2000), le montant de la facture pétrolière de 1980
aurait été de 80 MdF/12,2 Md€ supérieur au déficit enregistré pour le pétrole,
par rapport au déficit de ce poste enregistré en 2000. Ceci a été rendu possible par
une plus forte indépendance énergétique, dont le taux est passé de 29,9 % en 1980 à
49,3 % en 1999. Les effets du renchérissement du prix du pétrole ont ainsi été
atténués ces dernières années.
| Quantités mensuelles de pétrole brut importées entre 1998 et 2000 |
|
Source : Douanes.