Une nécessité pour la vie économique
Un nouvel environnement juridique pour l'entreprise
Le gouvernement a décidé d'engager un programme de réforme de la justice commerciale et de l'environnement juridique de l'entreprise, qui s'appuie sur les conclusions du rapport de la commission d'enquête parlementaire et du rapport d'inspection menée conjointement par l'Inspection générale des services judiciaires et l'Inspection générale des finances. Ce programme vise à placer des magistrats professionnels aux côtés des juges consulaires dans les formations de jugement, à réformer en profondeur les modalités de fonctionnement et de contrôle des auxiliaires de justice et à réaménager les procédures de traitement des entreprises en difficulté.
Cet article a été rédigé par la rédaction à partir du dossier de presse diffusé à l'occasion de la présentation du projet de réforme par Élisabeth Guigou, garde des Sceaux, ministre de la justice et Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, le 14 octobre 1998.
Au moment
de l'introduction de l'euro, le cadre juridique de la vie économique de la France devient l'un des éléments clés de la compétitivité. Comparée aux autres pays européens, la France fait figure d'exception : c'est le seul pays d'Europe dont la juridiction des tribunaux de commerce est exclusivement composée de magistrats non professionnels.| Calendrier de réforme |
| 1998 : adoption du décret renforçant le contrôle des
administrations judiciaires et mandataires judiciaires à la liquidation des entreprises ;
réforme du tarif Minitel et Internet des greffiers de commerce. 1999 (premier semestre) : adoption des textes relatifs à la réforme des tribunaux de commerce et au statut des juges consulaires ; dépôts des textes relatifs à l'organisation des mandataires de justice, au contrôle des greffiers des tribunaux de commerce, à la modification des lois de 1984 et 1985 et au premier volet de la réforme du tarif des administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires à la liquidation des entreprises. 1999 (second semestre) : réforme globale du tarif des administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires à la liquidation des entreprises (en liaison avec la réforme des procédures collectives) et des greffes ; réforme du droit des sociétés. Au cours de l'an 2000 : réforme de la carte judiciaire et des tribunaux avec introduction progressive de la mixité, notamment dans les chambres chargées des procédures collectives. 2002 : réalisation de la mixité complète des formations de jugement des tribunaux de commerce. |
| Articles législatifs cités |
| Article L. 414-1 du code de l'organisation judiciaire " Tout manquement d'un membre d'un tribunal de commerce à l'honneur, à la probité, à la dignité et aux devoirs de sa charge constitue une faute disciplinaire. " Article L. 731-1 du code de l'organisation judiciaire " Sauf dispositions particulières à certaines juridictions*, la récusation d'un juge peut être demandée : 1° Si lui-même ou son conjoint a un intérêt personnel à la contestation ; 2° Si lui-même ou son conjoint est créancier débiteur, héritier présomptif ou donataire de l'une des parties ; 3° Si lui-même ou son conjoint est parent ou allié de l'une des parties ou de son conjoint jusqu'au quatrième degré inclusivement ; 4° S'il y a eu ou s'il y a procès entre lui ou son conjoint et l'une des parties ou son conjoint ; 5° S'il a précédemment connu de l'affaire comme juge ou comme arbitre ou s'il a conseillé l'une des parties ; 6° Si le juge ou son conjoint est chargé d'administrer les biens de l'une des parties ; 7° S'il existe un lien de subordination entre le juge ou son conjoint et l'une des parties ou son conjoint ; 8° S'il y a amitié ou inimitié notoire entre le juge et l'une des parties. Le ministère public, partie jointe, peut être récusé dans les mêmes cas. " Article 339 du code de procédure pénale " Le président peut, avant, pendant ou après l'audition d'un témoin, faire retirer un ou plusieurs accusés, et les examiner séparément sur quelques circonstances du procès ; mais il a soin de ne reprendre la suite des débats qu'après avoir instruit chaque accusé de ce qui s'est fait en son absence, et ce qui en est résulté. " Article 341 du code de procédure pénale " Dans le cours ou à la suite des dépositions, le président fait, s'il est nécessaire, présenter à l'accusé ou aux témoins les pièces à conviction et reçoit leurs observations. Le président les fait aussi présenter, s'il y a lieu, aux assesseurs et aux jurés. " * L'article 688 du code de procédure pénale énumère les cas de récusation en matière pénale. En ce qui concerne les juridictions des forces armées et le tribunal maritime commercial, ces cas sont prévus respectivement par le premier alinéa de l'article 29 du code de justice militaire et par l'article 9 du décret du 26 novembre 195 |
| Glossaire |
| Auxiliaires de justice : hommes de loi dont la mission est destinée
à faciliter la marche de l'instance et la bonne administration de la justice
(administrateurs judiciaires, avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation,
avoué à la Cour d'appel, greffier, huissier de justice, mandataire judiciaire à la
liquidation des entreprises). Commissaire aux comptes : personne physique ou morale, chargée par le législateur de contrôler de façon très stricte la régularité de la gestion comptable des sociétés anonymes et de certains autres groupements, et de tenir informés les organes de direction et les actionnaires des faits dont elle a eu connaissance, et des irrégularités qu'elle a relevées dans la gestion comptable de la société. Liquidation judiciaire : phase particulière de la procédure de redressement judiciaire instituée par la loi n° 85-98 du 25 janvier 1985. Depuis la loi n° 88-1202 du 30 décembre 1988, la liquidation judiciaire est étendue aux entreprises agricoles. La liquidation judiciaire est prononcée par le tribunal toutes les fois que l'entreprise - n'ayant aucun avenir économique - ne peut être continuée ni cédée. Elle entraîne la réalisation de l'actif en vue du règlement du passif. Principe de la collégialité : principe en vertu duquel la justice est rendue par plusieurs magistrats (un président et un nombre variable d'assesseurs) qui délibèrent leurs décisions à la majorité absolue des voix. Dans le système à juge unique, au contraire, le pouvoir de statuer appartient à un seul magistrat. Principe du contradictoire : principe essentiel, bien que non formulé pendant longtemps par la loi, commandant toutes les procédures. Il implique la liberté pour chacune des parties de faire connaître tout ce qui est nécessaire au succès de sa demande ou de sa défense. Il impose que toute démarche, toute présentation au juge d'une pièce, d'un document, d'une preuve par l'adversaire soit portée à la connaissance de l'autre partie et librement discutée à l'audience. Le respect du principe du contradictoire est la condition indispensable de la liberté de la défense. Le juge doit en toutes circonstances observer et faire respecter le principe de la contradiction et ne peut retenir dans sa décision que les explications qu'il a recueillies contradictoirement. Privilège : droit que la loi reconnaît à un créancier, en raison de la qualité de la créance, d'être préféré aux autres créanciers sur l'ensemble ou sur certains des biens de son débiteur. Redressement judiciaire : procédure unique mise en place par la loi n° 85-98 du 25 janvier 1985 destinée à remplacer le règlement judiciaire, la liquidation des biens et la suspension provisoire des poursuites, nés des textes de 1967. Le redressement judiciaire est applicable à tout commerçant, à tout artisan et à toute personne morale de droit privé, en état de cessation de paiement. Il peut aboutir soit à la continuation de l'entreprise, soit à sa cession, soit à sa liquidation. Depuis la loi n° 88-1202 du 30 décembre 1988, le redressement judiciaire est également applicable à tout agriculteur personne physique, et à toute personne morale de droit privé exerçant une activité agricole. Depuis la loi n° 89-1010 du 31 décembre 1989, il est institué devant le juge d'instance, ensuite plus récemment devant le juge de l'exécution du domicile du débiteur, une procédure collective de redressement judiciaire civil des difficultés financières des personnes physiques qui se trouvent en état de surendettement. |
© Les notes bleues de Bercy
Un nouvel environnement juridique pour l'entreprise -
du 16 au 31 décembre 1998
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