Présentation de la Mission

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COORDONNEES

 

 

I - Le rôle de la Mission

II - Composition et pouvoirs de la Mission


I - Le rôle de la Mission

Créée par la loi 91-3 du 3 janvier 1991, la Mission interministérielle d'enquête sur les marchés et les conventions de délégation de service public, qui a succédé à la Brigade interministérielle d'enquêteurs, a vu ses compétences accrues par la loi 93-122 du 29 janvier 1993.

Sa fonction est de vérifier les conditions de régularité et d'impartialité dans lesquelles sont préparés, passés ou exécutés les marchés et les conventions de délégation de service public de l'Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics, des sociétés d'économie mixte d'intérêt national chargées d'une mission de service public et des sociétés d'économie mixte locales (1).

L'objet de la Mission d'enquête est de relever tout manquement commis à cette occasion par un acheteur public (élus, fonctionnaires ou leurs représentants), à la réglementation de la commande publique (code des marchés publics, lois et dispositions soumettant certains contrats à des règles de publicité et de mise en concurrence), à la loi pénale (délit de favoritisme, prise illégale d'intérêts, abus de biens sociaux, faux, etc...), au droit budgétaire (loi du 25 septembre 1948 modifiée, instituant la cour de discipline budgétaire et financière), au droit de la concurrence (art. 7 et 8 de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence), au statut de la fonction publique.

  De par son caractère interministériel, les enquêtes peuvent être demandées à la Mission :

- par le Premier Ministre,

- par le ministre chargé de l'économie et des finances,

- ou par chaque ministre, pour les affaires relevant de son département ou les établissements placés sous sa tutelle (art. 2 de la loi 91-3 du 3 janvier 1991),

- par la Cour des comptes (art. 7 de la loi 95-127 du 8 février 1995).

S'agissant des marchés des collectivités territoriales, de leurs établissements publics ou des sociétés d'économie mixte locales, les enquêtes peuvent aussi être diligentées à la demande du préfet.

Outre la création d'un corps de contrôle spécifique à l'achat public, la loi de 1991 a institué un délit visant à sanctionner les atteintes au principe de liberté d'accès et d'égalité des candidats à la commande publique.

Le délit d'octroi d'avantage injustifié, connu sous le nom de délit de favoritisme, donne à la Mission interministérielle d'enquête son image de "gendarme des marchés publics" (2).

Cette infraction constitue la véritable innovation de la loi du 3 janvier qui conduit à sanctionner outre les fonctionnaires, les élus pour des fautes de gestion commises dans l'exercice de leur fonction.

Elle comble un vide qui permettait jusqu'alors de mettre à l'abri de toute sanction, nombre de pratiques frauduleuses qui ne pouvaient être réprimés ni par les dispositions pénales en vigueur, inadaptées pour réprimer ce type de faits ou difficiles à mettre en oeuvre, ni par la cour de discipline budgétaire et financière, qui exclut de sa compétence la plupart des autorités responsables des marchés des collectivités territoriales.

II - Composition et pouvoirs de la Mission

 1 - Composition

 La Mission interministérielle se trouve ainsi au centre d'un dispositif mis en place pour garantir le principe de liberté d'accès et d'égalité des candidats aux marchés et aux conventions de délégation de service public, veiller au bon emploi des deniers publics et s'opposer aux pratiques délictueuses que peut générer la commande publique.

La composition de la mission reflète cette situation.

Elle est dirigée par un magistrat de l'ordre judiciaire. Il dirige les missions d'enquête et veille au respect du principe du contradictoire et à la garantie d'une enquête loyale et équitable.

Les membres de la Mission sont désignés parmi les "magistrats, les fonctionnaires de catégorie A et les officiers par arrêté conjoint du Premier ministre, du garde des sceaux, ministre de la justice, du ministre chargé de l'économie et des finances et le cas échéant du ministre dont l'intéressé relève statutairement".

Elle est composée de membres permanents actuellement au nombre de 6 qui exercent leur fonction au siège de la Mission en position de détachement, d'affectation ou de mise à disposition : deux magistrats de l'ordre judiciaire, un magistrat de l'ordre administratif, un administrateur civil, un trésorier-principal et un attaché principal d'administration.

Des membres non permanents ayant les mêmes prérogatives que les membres permanents sont désignés pour des missions ponctuelles. Ils sont au nombre de 11 et sont pour la plupart membres des corps de contrôle et d'inspection de l'administration centrale.

 2 - Pouvoirs

La Mission dispose de pouvoirs étendus. En tout état de cause, toute entrave apportée à leur exercice est constitutive du délit d'opposition à fonction, prévu à l'article 8 de la loi. Cet article sanctionne quiconque aurait fait obstacle de quelque façon que ce soit à l'exercice des pouvoirs attribués aux membres de la Mission. (Cass. Crim 8 octobre 1996)

Ces derniers sont, comme les officiers et agents de police judiciaire, habilités à constater le délit de favoritisme.

Dans les services de l'Etat, des établissements publics administratifs, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics ainsi que des sociétés d'économie mixte locale, les membres de la Mission disposent, pour les nécessités de l'enquête, des droits d'investigation les plus larges tant sur pièces que sur place.

Ils peuvent, dans le cadre de leur mission, accéder à tout document ou élément d'information détenu, sans se voir opposer le secret professionnel (art. 3 de la loi).

Ils peuvent de même accéder à tous locaux, terrains ou moyens de transport à usage professionnel, prendre copie de tout document professionnel et recueillir les renseignements ou justifications (art. 4 de la loi), ce qui implique l'audition des agents concernés. Les auditions et visites ainsi effectuées donnent lieu à un compte rendu (art. 122 du code des marchés publics).

L'article 121 du code des marchés publics prévoit l'habilitation des membres de la Mission chargés d'effectuer une enquête relative à des marchés ayant en tout ou partie un caractère secret ressortissant à la défense nationale.

Enfin, l'article 5 de la loi prévoit les dispositions de procédure applicables aux fins de constater l'infraction, définie à l'article 432-14 du code pénal.

Les membres de la Mission peuvent procéder dans ce cas à des visites en tous lieux ainsi qu'à la saisie de documents.

Ces mesures sont subordonnées à une autorisation et un contrôle judiciaires, autorisation délivrée dans les conditions précisées par ce texte. Cette décision judiciaire, qui est motivée, est susceptible de pourvoi en cassation, ce qui offre des garanties certaines aux parties concernées.


Note


(1) La Mission a été saisie de 375 affaires (186 demandes de rapport et 189 demandes d'avis).

166 rapports ont été déposés, 106 affaires ont été transmises aux parquets compétents par application de l'article 40 du code de procédure pénale.

(2) L'article 432-14 du code pénal dispose : Est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public ou investie d'un mandat électif public ou exerçant les fonctions de représentant, administrateur ou agent de l'Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics, des sociétés d'économie mixte d'intérêt national chargées d'une mission de service public et des sociétés d'économie mixte locales, ou par toute personne agissant pour le compte de l'une de celles susmentionnées, de procurer ou de tenter de procurer à autrui un avantage injustifié par un acte contraire aux dispositions législatives ou réglementaires ayant pour objet de garantir la liberté d'accès et l'égalité des candidats dans les marchés publics et les délégations de service public.


© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, 06/12/2004