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Les discours
1er
décembre 2003 : Séminaire sur les normes comptables de l'Etat
à Bercy
Intervention d'Alain Lambert, ministre délégué
au Budget et à la Réforme budgétaire
Séminaire sur les normes comptables de l'Etat
Intervention d'Alain Lambert, ministre délégué au
Budget
et à la Réforme budgétaire
Bercy, 1er décembre 2003
Mesdames, Messieurs,
C'est avec grand plaisir que j'ouvre le séminaire de cette matinée,
consacré aux nouvelles normes comptables de l'Etat.
Je vous souhaite la bienvenue dans les locaux de ce ministère.
Je veux d'emblée vous dire l'importance et l'intérêt
personnel que je porte à ce sujet.
La comptabilité est l'un des outils de la modernisation de la gestion
publique voulue quasi unanimement par le Parlement.
Ce séminaire constitue une première. Il vous permettra d'échanger
sur l'avancement des travaux d'élaboration des normes comptables,
fondements du nouveau référentiel de l'Etat.
Je souhaite qu'il aide au consensus nécessaire pour finaliser prochainement
ces normes.
La comptabilité, outil de citoyenneté
Après de multiples échecs, les forces politiques de notre
pays formant le Parlement se sont accordées quasi unanimement pour
doter la France d'une nouvelle " Constitution financière ".
L'adoption de la loi organique relative aux lois de finances du 1er
août 2001 comporte des dispositions novatrices capitales et des
objectifs clairs : transparence et efficacité de gestion.
La volonté politique, celle du Gouvernement comme celle, je crois
pouvoir le dire, du Parlement, est sans équivoque.
S'agissant de la comptabilité générale de l'Etat,
la loi pose trois principes :
1. une comptabilité générale fondée sur la
constatation des droits et obligations,
2. une comptabilité alignée sur celle pratiquée par
les entreprises,
3. la reconnaissance des spécificités de l'action de l'Etat.
Ces trois principes guident le travail de définition des nouvelles
normes, comme vous l'indiquera plus précisément Michel Prada,
qui préside le Comité des normes de comptabilité
publique et que je remercie très chaleureusement pour la dynamique
qu'il sait insuffler à ses travaux.
Les attentes sont nombreuses et légitimes :
- les Français attendent de l'Etat une transparence sans faille
sur ses charges et ses produits, sur ses actifs et ses passifs, sur ses
engagements, sur sa situation financière ;
- les gestionnaires des services attendent des outils qui leur permettent
de prendre les bonnes décisions de gestion ;
- les observateurs des finances publiques, les investisseurs, attendent
des outils d'analyse efficaces et des instruments de comparaison dans
l'espace et dans le temps.
Naturellement, la comptabilité de l'Etat n'agit pas forcément
dans le même cadre que la comptabilité d'entreprise, comme
l'illustrent, me semble-t-il, les travaux du comité.
Le point sur les travaux du comité
Quelques mots à propos des travaux du Comité. Ils ont commencé
en mai 2002 avec une feuille de route visant à me proposer les
treize normes comptables d'ici la fin de la présente année.
Le comité s'est aligné, autant que faire se peut, sur les
normes comptables applicables aux entreprises.
Certaines normes pourraient ainsi être identiques à celles
des entreprises, comme la comptabilisation des charges de fonctionnement.
D'autres s'en écarteraient avec une simple adaptation, notamment
pour la comptabilisation des biens corporels.
D'autres encore devraient nous conduire à des règles particulières,
faute d'équivalence en entreprise. Je pense aux recettes fiscales
ou aux dépenses de transferts sociaux.
Ces sujets sont riches en débats au sein du comité, et
je m'en félicite. Cette matinée va sans doute en être
le prolongement, en ce qui concerne par exemple l'évaluation du
parc immobilier de l'Etat ou les engagements de retraites des fonctionnaires.
En ce qui me concerne, étant garant devant le Parlement du respect
des délais, j'assumerai, dans leur plénitude, mes responsabilités
par rapport à l'avis que me communiquera le président Prada
d'ici la fin d'année.
La contrainte de temps
Le calendrier est l'une de nos contraintes : les principales dispositions
comptables de la Loi organique entrent en vigueur avec la loi de finances
pour 2006. Nos délais sont donc extrêmement serrés,
attendu l'ampleur de la tâche.
Les normes se situent en amont du dispositif comptable. Un certain nombre
de décisions dépendent en grande partie des principes qui
seront retenus, même si le travail s'effectue déjà
en parallèle.
Je pense notamment aux sujets suivants :
- la déclinaison des normes sous la forme d'instructions précises
(je sais que ces travaux ont d'ores et déjà été
entrepris pour chacune des normes),
- la formation des comptables,
- l'adaptation des systèmes informatiques,
- la préparation de la certification des comptes de l'Etat.
Après l'avis du comité, la procédure prévoit
que le Conseil national de la comptabilité se prononce sur leur conformité
avec les principes généraux de la comptabilité, avant
mise en œuvre par décision ministérielle.
Les avis rendus par le Comité des normes puis par le Conseil de
la comptabilité revêtiront une importance particulière
dans la décision que Francis Mer et moi-même prendrons en
début d'année 2004. Le succès de cette réforme
historique repose en grande partie sur notre capacité à
respecter cette contrainte de temps tout en menant des travaux de qualité.
Tout ne sera d'ailleurs pas alors définitivement gravé dans
le marbre : il faudra faire vivre ces normes sur le terrain. Le Comité
des normes aura toute sa place dans ce suivi, en liaison avec le Conseil
national de la comptabilité. J 'ai d'ailleurs demandé au
président Prada de me faire des propositions.
Au-delà, je me réjouis que la question de l'application
des normes vous soit également présentée, - tant
à travers le nouveau rôle du comptable public et de sa dimension
partenariale avec les gestionnaires, que de la nouvelle organisation comptable.
Ces sujets, illustrés d'exemples concrets, vont vous permettre
de prendre la mesure des avancées déjà réalisées.
J'ai d'ailleurs le souci d'un référentiel comptable le plus
opérationnel possible car je pense, comme vous, aux comptables
de terrain.
Conclusion
Nous sommes engagés dans une aventure humaine exaltante avec cette
réforme de la gestion publique, voulue par la représentation
nationale. En filigrane, c'est la modernisation de l'Etat qui est en marche.
Vous comptez parmi vous les meilleurs experts de la Place. Je n'ignore
pas que la question des normes comptables suscite beaucoup de débats
dans le monde des affaires, à l'échelle internationale.
Dans ce contexte délicat, je voudrais vous dire ma confiance dans
notre capacité à bâtir avec pragmatisme notre modèle
comptable et à permettre à la France d'être au rendez-vous
de 2006 qu'elle s'est fixée à elle-même.
D'avance, je vous remercie et vous souhaite une excellente matinée.
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