Budget 2006 : projet
de loi et architecture
2001-2005 :
le calendrier
Ministres
Acteurs et pilotage
Loi organique
et textes d'application
Les indispensables
Lettre de la réforme
Dans la presse
Á l’étranger
FAQ/Glossaire
FAQ
Glossaire

 
 

Foire aux questions


Thème 8 : Opérateurs de l'Etat


  Qu'est-ce qu'un opérateur de l'Etat ?
  Quels sont les enjeux soulevés par la prise en compte des opérateurs de l'Etat dans les travaux préparant l'entrée en vigueur de la LOLF ?
  Quelles sont les répercussions normatives de la LOLF sur les relations entre l'Etat et ses opérateurs ?
  Comment sont organisés les travaux visant à éclairer le traitement de la problématique spécifique posée par les opérateurs de l'Etat ?


• Qu'est-ce qu'un opérateur de l'Etat ?

La mise en œuvre des politiques définies par l'Etat fait appel, dans des proportions variables selon les secteurs, à l'intervention d'organismes dotés de la personnalité morale et juridiquement distincts des services des ministères. Parmi ces organismes, on trouve des entités directement affiliées à l'Etat, le plus souvent constituées sous la forme d'établissements publics, même si cette catégorie n'épuise pas le champ de la population des opérateurs de l'Etat. Ainsi, certains ressortissants de cette population peuvent tirer leurs statuts d'autres catégories juridiques, associations - para-administratives la plupart du temps - et GIP notamment.

Le périmètre des opérateurs de l'Etat recouvre donc les organismes, qui, indépendamment de leurs statuts, remplissent de façon cumulative les 3 critères suivants :
- être doté de la personnalité morale,
- être placé sous le contrôle direct de l'Etat,
- contribuer à la mise en œuvre d'une politique définie par ce dernier et trouvant sa traduction dans les lois de finances.

Si le premier critère est aisé à constater, les deux autres méritent d'être quelque peu précisés. L'existence d'un contrôle direct de l'Etat suppose un lien de filiation entre l'Etat et l'organisme, qui doit parfois s'apprécier à l'aune d'un faisceau de critères (modalités de désignation des organes dirigeants, règles d'approbation et de rejet des budgets, exercice de prérogatives de tutelle, régime des contrôles sur les actes de gestion, origine des ressources, régime des biens exploités par l'organisme, prépondérance de la sphère non marchande dans le portefeuille d'activités…). La participation à la mise en œuvre d'une politique définie par l'Etat signifie, selon la nouvelle architecture budgétaire instaurée par la LOLF, que les activités de l'organisme s'inscrivent en tout ou partie dans la réalisation des missions, programmes et actions déterminées par les lois de finances.

L'application simultanée de ces 3 critères exclut par conséquent les entreprises publiques, quand bien même elles seraient des établissements publics comme EDF ou la SNCF, ainsi que les prestataires et les partenaires de l'État qui ne lui sont pas directement affiliés, comme les caisses de sécurité sociale, les collectivités locales, les entreprises privées ou encore de très nombreuses associations subventionnées par l'État.

A contrario, des organismes tels que l'ANPE, l'AFPA, le CNASEA, l'AFSSAPS, le CNRS, l'AEFE, les établissements publics d'enseignement supérieur, le musée du Louvre, l'ADEME ou encore les ARH fournissent des exemples manifestes d'appartenance au périmètre des opérateurs de l'État.


• Quels sont les enjeux soulevés par la prise en compte des opérateurs de l'Etat dans les travaux préparant l'entrée en vigueur de la LOLF ?

Au regard du poids qui peut être le leur dans la mise en œuvre de certaines politiques publiques, notamment dans les domaines de l'enseignement supérieur, de la recherche, de l'emploi, de l'agriculture, de la santé ou de la culture, la contribution des opérateurs est indispensable à l'explicitation de ces politiques et donc des moyens demandés au Parlement pour en assurer le financement. Il est souvent difficilement concevable pour les ministères de justifier de la dépense et de rendre compte des objectifs poursuivis en même temps que des résultats atteints sans évoquer l'intervention de leurs opérateurs. Le premier enjeu se situe donc au niveau de la lisibilité des politiques financées par le budget de l'Etat.

Au-delà de ce premier enjeu, et compte tenu de leur proximité avec le budget et le patrimoine de l'Etat, les opérateurs doivent être pleinement intégrés au développement du pilotage par les objectifs et de la gestion par la performance, sous l'angle aussi bien de l'efficacité socio-économique que de l'efficacité de gestion et de la qualité de service. Le deuxième enjeu est donc celui de l'optimisation de la contribution des opérateurs de l'Etat aux programmes auxquels ils prennent part, ce qui implique la mise en adéquation de cette contribution avec les objectifs et les indicateurs des programmes en question.

Ce deuxième enjeu ne peut être effectivement pris en compte que si la chaîne des responsabilités en matière d'exercice de la tutelle et de gestion des opérateurs est clairement établie. Le troisième enjeu réside aussi dans l'imputabilité explicite des objectifs et des résultats, gage de la responsabilisation des administrations de tutelle comme des opérateurs eux-mêmes.
L'importance de ces enjeux explique que les changements introduits par la LOLF dépassent les strictes frontières des services des ministères pour atteindre les entités qui, quoique dotées de la personnalité morale, concourent sous le contrôle direct de l'Etat à la mise en œuvre de ses politiques. Pour faciliter leur intégration dans la nouvelle architecture des lois de finances, il a été décide de regrouper ces organismes dans le périmètre des opérateurs de l'Etat.


• Quelles sont les répercussions normatives de la LOLF sur les relations entre l'Etat et ses opérateurs ?

La loi organique a d'abord un impact direct sur l'économie des relations entre opérateurs et tutelles.

Il s'agit principalement de tirer toutes les conséquences de la refonte de la nomenclature du budget de l'Etat, de la rénovation de la documentation des lois de finances et de l'établissement de règles nouvelles pour la budgétisation et l'exécution de la dépense. Ce chantier doit notamment être l'occasion de clarifier l'imputation des dotations allouées aux opérateurs en fonction de leur destination et de leur nature, et de déterminer les conditions d'intégration de leur apport dans les projets et rapports annuels de performance.

Quelques principes directeurs peuvent d'ores et déjà être tenus pour acquis.
- Pour une même politique, l'ensemble des subventions seront autant que possible rattachées à un seul programme.
- L'ensemble des subventions finançant l'exploitation de l'opérateur (personnel, fonctionnement, investissement) seront regroupées sous la forme d'une " subvention pour charges de service public " telle que prévue par la loi organique.
- Les crédits destinés à être redistribués au titre d'une politique d'intervention seront distingués de ces subventions et versés à partir du titre des dépenses d'intervention.

La création des conditions favorables à la prise en compte des conséquences directes de la loi organique sur les relations entre l'Etat et ses opérateurs exige l'évolution du cadre budgétaire et comptable aujourd'hui pratiqué par ces derniers. En contrepoint de la LOLF, les modalités de la transposition des nouveaux principes à la gestion des opérateurs de l'Etat restent donc à préciser. Elles viseront à organiser la transposition des règles de gestion édictées pour les services des ministères, telles que la fongibilité asymétrique, le plafonnement des emplois, la spécialisation des crédits par programmes et le pilotage par les objectifs. C'est l'effet indirect de la nouvelle donne décidée par le législateur organique en termes de construction, de vote et d'exécution du budget de l'Etat

Cette transposition n'est toutefois pas explicitement et directement prévue par la loi organique. Elle implique, comme l'a souligné la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la mise en œuvre de la LOLF, l'instauration de dispositifs ad hoc, extérieurs à la loi de finances, qui restent à déterminer (Cf. son rapport remis en juillet dernier à la commission des finances). Elle doit par ailleurs s'efforcer de concilier le respect des exigences de la LOLF avec les spécificités inhérentes à l'autonomie de gestion que la personnalité morale confère aux établissements visés. En d'autres termes, il s'agit de préciser les conditions de l'application de la LOLF à une population plus hétérogène encore que les administrations de l'Etat et dont les règles de gestion sont, de surcroît, disséminées dans un très grand nombre de textes normatifs.


• Comment sont organisés les travaux visant à éclairer le traitement de la problématique spécifique posée par les opérateurs de l'Etat ?

Pour préparer l'avènement des conséquences directes et indirectes de la LOLF sur l'économie des relations entre l'Etat et ses opérateurs ainsi que sur le cadre de gestion pratiqué par ces derniers, les directions du budget et de la réforme budgétaire, en lien avec l'ensemble des ministères, ont ouvert deux chantiers.

Le premier chantier a pour objet la délimitation du périmètre des opérateurs de l'Etat et la réorganisation des moyens qui leurs sont alloués dans la nouvelle nomenclature budgétaire, par destination et par nature de dépenses. Il doit avoir été mené à bien pour l'été 2004, dans la perspective de la présentation indicative des crédits du budget général selon les nouveaux principes, qui sera communiquée au Parlement en même temps que le PLF 2005. Ce chantier offre l'occasion de clarifier l'imputation budgétaire des actuelles dotations remises aux opérateurs d'une part, de rationaliser les conditions d'exercice de la tutelle en limitant les occurrences de dilution des responsabilités d'autre part.

Le second chantier, plus vaste, plus complexe, et sans doute de ce fait soumis à des échéances moins rapprochées, vise à jeter les bases d'un, voire de plusieurs dispositifs, permettant la transposition aux opérateurs de l'Etat des règles de gestion édictées par la LOLF. Pour relever ce défi, des travaux sont en cours avec les ministères les plus concernés par le recours à des opérateurs. Ils s'appuient plus particulièrement sur un exercice de préfiguration impliquant un panel d'établissements publics représentatif de la diversité des statuts (EPA, EPIC, EPST, EPCSP) et des domaines d'activités (enseignement supérieur, recherche, agriculture et forêt, emploi, santé publique, culture). Sans préjuger les conclusions auxquelles aboutiront ces travaux, le futur cadre de gestion pourrait s'ordonner autour des axes suivants :

1- un cadre budgétaire permettant la programmation, l'exécution et la restitution du budget de l'opérateur par destination et par nature de dépenses,

2- le plafonnement des effectifs et des dépenses de personnel,

3- le développement au sein de ces opérateurs de systèmes de pilotage par la performance.
Les objectifs généraux de la Loi organique sur les Finances publiques (LOLF)
Les missions, programmes et actions
Les budgets opérationnels de programme (périmètre contenu procédures…)
La gestion des dépenses de personnels et des effectifs associés
La gestion par la performance (objectifs, indicateurs…)
La gestion des autorisations d'engagement et des crédits de paiement
L'analyse des coûts
Les opérateurs de l'Etat
La nouvelle comptabilité
Les nouveaux outils et circuits financiers (mandats de gestion, fonds de concours, …)

 

 
    Haut de page  

http://www.minefi.gouv.fr/ http://www.minefi.gouv.fr/ http://www.minefi.gouv.fr/