La série se compose de huit pièces, allant de 1 cent (ou centime, dans le langage courant), à 2 euros :
Les caractéristiques techniques des pièces ont été définies par la Commission européenne, sur la base des travaux du groupe des directeurs nationaux des monnaies, et après de nombreuses consultations d'organisations de consommateurs, d'associations d'aveugles, de malvoyants, et de représentants du secteur des distributeurs automatiques.
Ainsi les pièces seront facilement identifiables, puisqu'elles se distinguent les unes des autres à la fois par leur composition, leur couleur, leur poids et leur épaisseur.
Les préoccupations de santé publique ont aussi été largement prises en compte, puisque la teneur en nickel (métal allergisant), a été réduite pour les pièces de 1 et 2 euros, alors que les autres pièces n'en comporteront pas.
Le choix des pièces retenues est évidemment compatible avec la réalisation du calendrier défini par le Conseil européen de Madrid, qui fixe l'introduction des pièces et des billets le 1er janvier 2002. A compter de l'établissement de la liste des 11 pays qui feront partie de l'Union monétaire, le 2 mai 1998, quatre années seront en effet nécessaires aux États, pour frapper et mettre à disposition les pièces. A titre indicatif, environ 70 milliards de pièces circulent actuellement dans les pays de l'Union européenne.
Dans une première phase, des concours ont été organisés dans chaque État membre, à l'exception du Danemark, pendant l'année 1996. Un maximum de trois séries a été sélectionné dans chaque pays, selon trois thèmes : l'architecture, le symbolisme et les personnalités européennes. Le choix de ces thèmes répondait au souci que les pièces symbolisent l'Union européenne, portent un message d'unité européenne, et offrent une représentation visuelle.
Dans un deuxième temps, en mars 1997, un jury indépendant, présidé par la Commission européenne, a sélectionné 9 propositions parmi les 36 projets présentés. Les 9 séries présélectionnées ont ensuite été soumises à une enquête d'opinion auprès de 1 900 personnes. La consultation d'organisations de consommateurs et de l'Union européenne des aveugles a en outre permis de porter une attention particulière au caractère pratique de leur utilisation et de leur reconnaissance.
La série de pièces gagnante devait être claire, facile d'utilisation, compréhensible par tous et définissant l'euro comme la monnaie de l'Europe et des Européens.
La série sélectionnée à l'issue de ce processus et retenue au Conseil d'Amsterdam est celle dessinée par M. Luc Luycx, de la Monnaie Royale de Belgique. Ces pièces présentent l'Union européenne sous différentes formes, avec en toile de fond les 12 étoiles, symbole de l'Europe. Les 3 premières pièces (1, 2 et 5 cents (*)) indiquent la place de l'Europe dans le monde. Les pièces de 10, 20 et 50 cents (*) présentent l'Europe comme un rassemblement de nations. Enfin, les pièces de 1 et 2 euros font apparaître une Europe sans frontière.
Les dessins présentés à Amsterdam devront subir de légères modifications afin de répondre aux spécifications techniques. La phase de fabrication pourra alors intervenir, après établissement en 1998 de la liste des États participants à la troisième phase de l'Union économique et monétaire.

Le choix du jury, présidé par le ministre de l'Économie et des Finances, a été arrêté en avril 1997, après que les différents projets aient été soumis à un échantillon représentatif de la population française.
Les faces nationales des pièces en euros présentent un thème propre à chaque État membre, entouré des 12 étoiles. La mention "République française" ou "R.F." figurera également sur les faces françaises. Les pièces de 1, 2 et 5 cents (*) représentent une nouvelle Marianne, dessinée par une jeune artiste, Fabienne Courtiade, graveur à la Monnaie de Paris.
Pour les pièces de 10, 20 et 50 cents (*), c'est la Semeuse de Laurent Jorio, représentant "la Femme en marche" qui a été retenue.
Le thème de l'arbre, dessiné par un jeune artiste, Joaquin Jimenez, symbolise la devise nationale "liberté, égalité, fraternité" pour les pièces de 1 et 2 euros.

(*) ou centimes
L'atelier monétaire des Monnaies et Médailles de Pessac (Gironde) a lancé la frappe du premier euro le 11 mai 1998. La frappe exige au rythme de 12 millions de pièces par jour, un minimum de trois années de production à plein régime. La production avoisinera les 30 000 tonnes et exigera une surface de stockage de 7 000 à 8 000 m2.
Dès le début de 2002, il faudra aussi retirer de la circulation environ 10 milliards de pièces en francs, les trier, les stocker, puis les fondre afin d'en recycler le métal. Sur le plan des coûts, ce recyclage devrait permettre de couvrir environ la moitié de la valeur métal des nouvelles pièces.
Pour mener à bien ce programme, un plan pluriannuel d'entreprise dénommé "Monnaie 2000" a été adopté pour la Monnaie de Paris, en 1996. Ce plan prévoit en particulier un programme exceptionnel d'investissements (plus de 80 millions de francs sur 3 ans: 1996-1999) afin d'adapter l'usine de Pessac à la fabrication des pièces en euros, une politique de la qualité (certification ISO 9002 décernée en juin 1997), le recours accru à la sous-traitance, la reprise des recrutements à Pessac, un effort continu de formation professionnelle des agents et enfin le renforcement du dialogue social au sein de l'entreprise.
© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie- 09/98