Histoire de la monnaie


Conception des pièces et billets euros

Les pièces
À la différence des billets qui sont rigoureusement identiques dans toute la zone euro, les pièces européennes comportent une face nationale. Ainsi en a voulu la majorité des États. En respectant la diversité des traditions nationales, ce choix a permis d'assurer un basculement en douceur des monnaies nationales vers l'euro. Les caractéristiques de ces pièces ont été arrêtées par les ministres des finances européens lors d'une réunion à Vérone au printemps 1996.
À l'issue d'un concours, la face européenne a été choisie par le conseil européen des chefs d'État et de gouvernement lors du sommet de Bruxelles en juin 1997, sur la base d'études de perception réalisées auprès de la population européenne. La série gagnante a été réalisée par un graphiste de la Monnaie Royale de Belgique, Luc Luycx. Sur les trois premières séries de 1,2 et 5 centimes d'euros, figure la place de l'Europe dans le monde. Les pièces de 10,20 et 50 centimes d'euros montrent l'Europe comme un rassemblement des nations. Enfin, les pièces de 1 et 2 euros font apparaître une Europe sans frontière.

Symboles nationaux
Chaque État membre de la zone a également dû procéder au choix de ses propres faces nationales. La France a ainsi effectué sa sélection le 21 avril 1997, date à laquelle elles ont été choisies par le Ministre de l'Économie et des Finances de l'époque. Ces faces comportent toutes les lettres RF de la République ainsi que les douze étoiles, symboles de l'Europe. Les pièces de 1,2 et 5 centimes d'euros sont à l'effigie de Marianne, symbole de la France et des valeurs républicaines. Celles de 10, 20 et 50 centimes d'euros représentent la semeuse, qui incarne la place de la France dans la construction européenne. Enfin, les pièces de 1 et 2 euros sont illustrées par un arbre, évoquant la vie, la croissance et la pérennité.
Ces huit pièces disposent de caractéristiques qui permettent de les différencier facilement. Celles de 1 et 2 euros sont bicolores comme les pièces françaises de 10 francs : centre blanc et couronne jaune pour la pièce de 1 euro, et l'inverse pour celle de 2 euros. Les pièces de 10, 20 et 50 centimes d'euros sont entièrement jaunes. La pièce de 20 centimes d'euros dispose de sept cannelures profondes, également appelées pétales, d'où son surnom de fleur espagnole, comme les pièces de 50 pesetas. Les trois dernières pièces, de 1, 2 et 5 centimes d'euros sont d'une couleur rouge cuivrée .
Il est important de rappeler qu'en dépit des graphismes nationaux figurant sur un des côtés, chaque citoyen pourra utiliser l'ensemble des pièces en circulation dans n'importe quel pays de la zone euro, quel que soit celui dans lequel elles ont été frappées. Un euro fabriqué en France peut donc parfaitement circuler au Portugal ou en Irlande, par exemple. Les valeurs unitaires et les caractéristiques techniques (diamètre, épaisseur, poids, couleur, composition et tranche, dessin de faces communes) sont donc totalement similaires dans toute la zone euro.
C'est le principe de la monnaie unique …

 

Les billets
La phase de conception des billets en euros a débuté en février 1996, date à laquelle l’institut monétaire européen, qui deviendra plus tard la Banque Centrale Européenne, a lancé un concours graphique.
Au total, 44 projets ont été présentés. Les candidats se sont vus attribuer un numéro de série par un notaire, afin de préserver leur anonymat et donc leur nationalité. En septembre 96, un jury de quatorze experts indépendants, spécialisés dans les domaines du marketing, de la publicité, du design et de l’histoire de l’art, a examiné les projets. Une présélection des cinq meilleures maquettes a eu lieu dans un premier temps, pour les deux thèmes choisis : " époques et styles en Europe ", et " l’abstrait-moderne ". Les candidats devaient présenter des projets sur l’un des thèmes ou sur les deux.

Des tests à l'échelle européenne
Pour répondre aux besoins et aux habitudes de tous les Européens, sept dénominations différentes de 5 à 500 euros ont été décidées. Ces maquettes ont été testées auprès du grand public, par le biais d’études de marché et de sondages d’opinion confiés à l’institut EOS Gallup Europe, afin d’en évaluer l’acceptation par les citoyens sondés. Plus de 2000 personnes ont ainsi été interrogées à travers toute l’europe.
À l’issue des choix des citoyens et de l’examen effectué par le jury, le conseil de l’IME a retenu, en décembre 1996, la série conçue par le graphiste autrichien, Robert Kalina, issu de la Banque Nationale d’Autriche. Le graphisme des maquettes s’inspire du premier thème imposé. Il évoque les styles architecturaux caractérisant sept périodes de l’histoire de la culture européenne. Ces différents styles illustrent chacun des sept billets en euros : le style antique pour le billet gris de 5 euros, le roman pour le billet rose de 10 euros, le gothique pour le billet bleu de 20 euros, la Renaissance pour le billet orange de 50 euros, le baroque et le rococo pour le billet vert de 100 euros, l’architecture du XIXème siècle (verre et acier) pour le billet jaune de 200 euros, et enfin l’architecture moderne du XXème siècle pour le billet violet de 500 euros.

Les mêmes billets pour tout le monde
Dans le détail, des fenêtres et des portails constituent le motif principal figurant sur le recto de chaque coupure, et des ponts sur le verso. Ces motifs ne représentent aucun monument existant. En revanche, leur signification revêt divers symboles, d’ouverture, de coopération, de communication dans l’Union Européenne et avec le reste du monde. Il n’y a donc aucun signe distinctif, les billets sont tous identiques pour tous les pays de la zone euro. La mention EURO y figure en toutes lettres, ainsi que son équivalent en caractères grecs. Le projet du vainqueur a ensuite été remanié afin d’inclure les différents signes de sécurité sur les billets. Ce n’est qu’au printemps 99 que les spécificités techniques ont été définitivement approuvées par la Banque Centrale Européenne et que la production a pu débuter dans les imprimeries de la zone euro.
Ces billets, " beaux, sûrs et pratiques ", tels que définis dans le cahier des charges par les gouverneurs des banques centrales européennes, seront donc en circulation dans toute la zone euro dès le premier janvier 2002.


© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie - 12/2001