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Catherine Bergeal,
Directrice des Affaires Juridiques
On peut être née d’un décret royal du 15
aout 1790 et se trouver à la pointe de la modernité.
On peut être une administration centrale
régalienne et vouloir travailler comme une entreprise, tournée vers la
satisfaction de ses clients.
On peut ne produire que des prestations
immatérielles et se soumettre aux processus industriels du contrôle de
qualité.
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La preuve : la Direction des
affaires juridiques de Bercy a lancé, le 4 juin, le processus de
certification de son activité d’Agent judiciaire du Trésor.
Rappelons brièvement que la certification est
l’activité par laquelle un organisme indépendant donne
l’assurance qu’une organisation, un processus, un service,
une compétence sont conformes aux exigences d’un référentiel
prédéfini. Pour les services juridiques, il s’agit de la norme
ISO 9001. Notion familière aux juristes, lorsqu’il s’agit
d’authentifier un acte ou une signature, la certification est
encore dans le monde juridique, pourtant, une idée neuve. Née des
besoins industriels dans les années 30 en France, la certification
n’a, en effet, atteint le secteur tertiaire qu’au début des
années 90 et le domaine juridique qu’à la fin de ces mêmes
années, lorsque le Conseil national des barreaux en 1998, puis le
parquet de la Cour des Comptes, en 2002, se sont lancés dans
l’aventure. Depuis, force est de reconnaître qu’elle
n’a pas beaucoup progressé dans les directions juridiques du
secteur public, à la notable exception de la certification de la
direction des services juridiques de la ville de Nancy en 2006 et de
celle des services contentieux du ministère de la défense au début de
cette année.
Pourtant la démarche de certification est une
aide puissante à l’adaptabilité permanente nécessaire à tout
service public : elle en constitue un aiguillon essentiel. La direction
des affaires juridiques de Bercy est partie du principe que la
détention d’un monopole légal -celui de la représentation de
l’Etat devant les tribunaux judiciaires- , eût-il plus de 200
ans, n’est pas un territoire à défendre ou un droit permanent à
donner des leçons aux autres administrations. Il est une exigence qui
ne donne que des devoirs : ceux d’assurer, en même temps, la
meilleure défense des intérêts financiers de l’Etat et le respect
du aux citoyens, qu’ils soient ou non agents publics, en
particulier lorsqu’ils sont des victimes. Rendez vous dans dix
huit mois pour le certificat final espéré. Mais le progrès est déjà,
tout entier, dans la démarche.
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