HÔTEL DES FINANCES DU MONT THABOR
Rues de Castiglione, de Rivoli, Neuve-de-Luxembourg (Cambon) et du Mont-Thabor
Caisse centrale du Trésor
Direction générale des douanes
Direction de la dette publique
Direction du mouvement général des fonds
Direction générale de l’enregistrement, des domaines et du timbre
Direction générale des forêts
Bibliothèque et archives

HÔTEL des finances du MONT-THABOR (détruit)
Département des finances, 48 rue de Rivoli.
Direction générale de l’enregistrement et des domaines, 1 rue de Castiglione.
Direction générale des douanes et sels, 15 rue du Mont Thabor.
Direction générale des forêts, 2 ter rue Neuve de Luxembourg
Administration de la loterie royale, 2 bis rue Neuve de Luxembourg
Direction générale des contributions indirectes, 2 rue Neuve de Luxembourg
L’aménagement du quartier et la construction d’un bâtiment pour l’administration.
Le quadrilatère formé par les rues de Rivoli, Neuve-de-Luxembourg (Cambon), du Mont-Thabor et de Castiglione était occupé, à la veille de la Révolution, par des bâtiments et jardins conventuels (Assomption, Capucins, Feuillants). Ces domaines, devenus « propriétés nationales » en 1790, ont été mis en vente. En 1802, les architectes Charles Percier et Pierre-François Fontaine établirent des plans d’alignement de la future rue de Rivoli ainsi que le projet concernant l’ordonnancement des façades d’immeubles et l’environnement architectural de cette voie publique. A la même époque, des arrêtés des consuls (1er floréal et 17 vendémiaire an X) avaient ordonné l’ouverture
François-Hippolyte Destailleur fut nommé architecte du ministère des finances en 1817. Dans la partie du quadrilatère proche de la rue Cambon, Destailleur avait achevé en 1824 la construction d’un ensemble immobilier primitivement destiné à la direction générale des postes (pose de la première pierre en 1811). La partie du terrain proche de la rue de Castiglione fut également confiée à Destailleur. Cet ensemble de bâtiments, d’une hauteur de cinq étages et occupant un terrain de plus de 11 000 m², fut affecté au ministère des finances (ordonnance du 4 octobre 1818) qui s’y installa en 1824, sous le ministère de Villèle. L’entrée principale s’ouvrait sur la rue du Mont-Thabor.
L’installation des services du ministère des finances (1825-1871).
Les services installés dans le nouvel hôtel des finances concernaient, outre le cabinet du ministre, la caisse centrale du Trésor, la direction du mouvement des fonds, la direction générale des forêts (rattachée au ministère des finances jusqu’en 1877), le contrôle des sels et le service de la dette publique. Il y avait la régie de l’enregistrement et des domaines, réorganisée en direction générale en 1820 et annexant le service du timbre en 1863. Il y avait également une salle de tirage du service de la loterie, la bibliothèque et les archives du ministère. En janvier 1825, la direction générale des douanes quitta l’hôtel d’Uzès pour rejoindre les services déjà installés rue du Mont-Thabor.
L’incendie de la Commune (1871).
Le ministère des finances demeura à cette nouvelle adresse jusqu’à la destruction de l’immeuble dans l’incendie des 23 au 25 mai 1871. L’Assemblée nationale opta alors pour l’abandon des lieux et l’installation des services financiers au palais du Louvre. Cette installation fut présentée comme « définitive » et « à peu de frais » : le terrain de l’ancien hôtel des finances, comprenant à la fois les constructions épargnées par le feu et les matériaux composant les décombres, fut vendu aux enchères par l’administration des domaines (rapport du 13 septembre 1871, loi du 16 septembre 1871). Après une première tentative infructueuse le 29 novembre 1871, les enchères publiques pour le dégagement du terrain eurent lieu le 8 janvier 1872. A cette date, quelques services (douanes, manufactures de l’Etat, forêts) demeuraient encore sur place dans les locaux non incendiés, provoquant une réclamation de l’adjudicataire (lettre de la direction des domaines de la Seine à sa direction générale, 8 avril 1872).
A la suite de l’incendie des bâtiments du ministère, l’ancien couvent de l’Assomption, tout proche, qui avait été transformé en caserne (ordonnance du 6 juillet 1834) fut converti en « dépôt du matériel et des archives du ministère des finances » (Lefeuve). Ce dépôt de la rue Neuve de Luxembourg (actuelle rue Cambon) apparaît, pour une superficie de 4 800 m², sur un « état des immeubles domaniaux susceptibles d’être aliénés » (annexe à une note au ministre des finances, 26 septembre 1872). Les « mesures de prévoyance » de l’administration des finances (Journal officiel du 28 mai 1871) avaient permis d’y préserver les quelques six à sept mille volumes du Grand-Livre de la dette publique, qui furent par la suite entreposés au Louvre (entrée Colbert). Ces annexes de la rue Cambon, comportant plusieurs immeubles, abritaient également un laboratoire du ministère et le dépôt des impressions des régies financières (rapport de l’Inspection générale des finances).
Par ailleurs, ateliers de confection et magasins de stockage des imprimés des administrations des contributions indirectes et de la loterie étaient installés dans des « bâtiments élevés dans la cour de l’ancien hôtel Soubise, rue de Paradis au Marais ». Le ministère y occupait près de 2 700 m² depuis 1824.
La vente du terrain de l’ancien ministère des finances (1872-1878).
L’aliénation des 11 498 m² du terrain de l’ancien hôtel des finances était inscrite au compte de liquidation soumis à l’Assemblée nationale pour la somme de 9 millions de francs. Elle fit l’objet de deux tentatives d’enchères publiques :
Le ministère était inquiet du « ralentissement persistant des affaires » (note du 19 octobre 1874). Les deux douzaines d’immeubles inscrits à l’actif du compte de liquidation représentaient en effet une estimation de 35 millions de francs, d’après le projet de loi déposé à l’Assemblée nationale le 20 mars 1873. Relevons à ce sujet, parmi les propositions étudiées pour relancer le marché de l’immobilier (modification des lois fiscales, adoucissement des servitudes de délai soumises aux constructions nouvelles, baisse des prix des adjudications), l’idée de « percement, au milieu de l’immeuble [de l’ancien ministère des finances], d’une rue perpendiculaire à la rue de Rivoli, afin d’augmenter la superficie des terrains d’angles et de façades et d’envoyer l’air et la lumière dans cette rue du Mont-Thabor qui (…) est une des plus déshéritées de ce quartier de Paris » (direction des domaines de la Seine, note de service du 20 mars 1874). Cette voie nouvelle fut effectivement ouverte en 1878 : c’est la rue Rouget-de-l’Isle.
Finalement, la vente du terrain de l’ancien ministère des finances se fit en deux temps, avec des clauses allégées (suppression de l’obligation de construire dans un délai déterminé, baisse d’un quart des mises à prix) :
Notons que le tableau général des propriétés de l’Etat (1875) portait une estimation différente à la veille de la seconde adjudication : « Terrain de l’ancien ministère des finances, rue de Rivoli.- Superficie restant à vendre, 18 363 m² » pour une « valeur approximative en capital » de 8,549 millions de francs.
Les sommes correspondant aux deux enchères de 1874 et 1876 ayant été versées dans leur intégralité, l’administration prononça la mainlevée des inscriptions de privilège du Trésor par arrêtés des 14 juin et 30 août 1878.
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Sources bibliographiques
• Almanach impérial années 1805 à 1813 (version BNF numérisée)
• Decrusy, Isambert, Jourdan, Recueil général des anciennes lois françaises. Paris : Belin-Leprieur, 1826-1827.
• Lefeuve, Charles, Histoire de Paris rue par rue, maison par maison. 1875.
• Ministère de l’économie, de l'industrie et de l’emploi.
Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique. Centre des Archives économiques et financières, cote B 39439.
• Ministère de l’économie, de l'industrie et de l’emploi.
Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique. Centre des Archives économiques et financières, Révision des locaux. Rapport. Inspection générale des finances, Paris, 13 septembre 1881.
• Ministère des finances. Direction générale de l'Enregistrement, des Domaines et du timbre. Tableau général des propriétés de l’État. Paris : Imprimerie nationale. [à partir de 1836]