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HÔTEL DE LIONNE PONTCHARTRAIN
Rue Neuve des Petits-Champs

Contrôle général des finances
Ministères des finances et du Trésor public

 



Plan de situation
Echelle

HÔTEL de LIONNE PONTCHARTRAIN (détruit)
Rue Neuve des Petits-Champs
d’après le plan Bretez Turgot de 1739, pl.14

En 1661, le marquis de Lionne, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères de Louis XIV, engagea la construction d’un hôtel rue Neuve des Petits-Champs, entre les rues Sainte-Anne et Gaillon. Cet immeuble, œuvre de l’entrepreneur Michel Villedo sur des plans de l’architecte Le Vau, appartint en 1682 au duc d’Estrées, qui y conserva pendant vingt ans les globes de Coronelli. En 1703, il devint la propriété du chancelier Louis Phélypeaux de Pontchartrain, ancien contrôleur général des finances de 1689 à 1699. En novembre 1747, le roi Louis XV acquit l’hôtel pour en faire l’une des résidences des « ambassadeurs extraordinaires ». Mais, en 1756, il fut « accordé au ministre qui préside à la finance » (Hurtaux), François-Marie Peyrenc de Moras, contrôleur général des finances.

Jusqu’alors, la résidence du Contrôle général n’était autre que l’hôtel particulier du titulaire de la charge de contrôleur général : l’hôtel de Beauvais au Marais pour Philibert Orry de 1730 à 1745, l’hôtel d’Arnouville, rue du Grand Chantier (partie de la rue des Archives) pour Jean Baptiste de Machault entre 1745 et 1754.

L’hôtel de la rue Neuve des Petits Champs fut donc, avec celui de la Ferme générale (hôtel Séguier) l’une des premières installations fixes des administrations financières. En 1791 toutefois, le ministre Antoine Valdec de Lessart cumulant les fonctions de l’intérieur avec celles des finances, l’adresse de l’hôtel devint pour quelques années celle du ministère de l’intérieur. Quant aux bureaux du ministère des finances, transformé en administration des contributions et des revenus publics jusqu’en 1794, ils logèrent dans un hôtel construit en 1713 par l’architecte Robert de Cotte, rue Neuve des Capucines. Cette voie venait alors d’être ouverte, à la suite d’un arrêt du Conseil du 5 juin 1700 et de la création de la future place Vendôme, dans le prolongement vers le « boulevard » de la rue Neuve des Petits Champs. Les services du directeur général des finances disposaient à proximité de l’hôtel du Contrôle d’une partie des bureaux du « département des impositions » (hôtel de Mesmes), qui géraient les impôts directs et notamment la taille, la capitation et le vingtième.

A partir de 1795, le ministère des finances rétabli avait fait retour rue Neuve des Petits Champs, et sous le Premier Empire, l’hôtel de Pontchartrain accueillait le département des finances et celui du Trésor public créé par le Consulat. Les administrations financières étaient installées de manière transitoire (hôtel Bautru Colbert, hôtel Tubeuf) dans deux immeubles contigus :

Ce quadrilatère, comportant les hôtels précités de l’administration ainsi que des immeubles du domaine privé, était fermé au nord par la rue Neuve Saint Augustin, dans laquelle le ministère des finances disposait de bureaux complémentaires pour :

L’hôtel de Lionne Pontchartrain et ses annexes ont été abandonnés par le ministère des finances à partir de 1822, une grande partie des services investissant un immeuble neuf (hôtel des finances du Mont-Thabor). Le programme de reconstruction du quadrilatère occupé par l’hôtel et divers bâtiments du domaine privé débuta par l’engagement de grands chantiers de voirie. Ils étaient destinés à faire communiquer par de nouvelles voies publiques les rues Neuve des Petits Champs et Neuve Saint Augustin : la création du passage Choiseul en 1824 et le prolongement de la rue Ventadour sur l’emplacement de l’hôtel participaient de ce dessein. Les ordonnances royales de janvier 1825 et octobre 1826 permirent l’opération en autorisant le percement de quatre nouvelles rues autour d’une place carrée. Les banquiers Mallet frères, acquéreurs des terrains, firent raser de nombreux bâtiments, dont l’hôtel de Lionne Pontchartrain en 1827. Sur la place carrée, créée dans les anciens jardins de l’hôtel, une salle de spectacles fut ouverte en 1829 ; dénommée « salle Ventadour », elle fut d’abord occupée par l’Opéra Comique, puis, de 1841 à 1878, par le Théâtre des Italiens.

Depuis 1892, la salle Ventadour est une annexe de la Banque de France. Entre les deux guerres, le ministère des finances, toujours à la recherche de locaux « en dehors des bâtiments du Louvre », avait émis l’idée de se rapprocher de la Banque de France « à l’effet d’obtenir qu’elle aliène à l’Etat sa succursale de la place Ventadour » (direction du personnel et du matériel, rapport au ministre, 19 avril 1935).

 

Sources bibliographiques

Almanach impérial années 1805 à 1813 : version BNF numérisée.
• Archives nationales, Administration financière et spéciale de l’Ancien régime. Inventaire des sous-séries G1 à G6. Index. 1999, 123 p. [cf. régie des eaux-et-forêts : G3/5].
• Balzac, Honoré de, Les Deux Frères (1e partie de La Rabouilleuse) [publié par le journal La Presse du 24 février au 4 mars 1842. voir Chapitre V].
• Barbiche, Bernard, Les institutions de la monarchie française à l’époque moderne. Paris, 1999. pp.265-266
• Bayard, Françoise, Le monde des financiers au XVIIe siècle, Paris, Flammarion, 1988.
• Decrusy, Isambert, Jourdan, Recueil général des anciennes lois françaises. Paris : Belin-Leprieur, 1826-1827.
• Dessert, Daniel, Argent, pouvoir et société au Grand siècle. Paris, 1984.
• Félix, Joel, Economie et finances sous l’Ancien Régime. Guide du chercheur : 1523-1789. Paris : CHEFF, 1994.
• Ministère de l'économie, de l'industrie et de l’emploi. Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique. Centre des Archives économiques et financières, cote B 14367. 

 

 

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