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PALAIS DU LOUVRE
93 rue de Rivoli

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L'installation du ministère des finances

En mai 1871, le palais des Tuileries et l’hôtel des finances du Mont-Thabor furent détruits dans l’incendie de la Commune. L’occupation des « dépendances du Louvre » par le ministère des finances fut immédiatement décidée par Adolphe Thiers, président de la République (arrêté du 29 mai 1871). Le tableau général des propriétés de l’Etat précisait la nature des locaux affectés à l’administration centrale des finances : « les anciennes casernes et les anciens ministères d’Etat de la maison de l’Empereur et des beaux-arts ». Cette mise à disposition comprenait également les 4 800 m² du dépôt d’archives et de matériel de la rue Neuve du Luxembourg, proche de l’ancien hôtel des finances incendié.

Dix ans après le début de l’installation au Louvre, un rapport de l’inspection générale des finances (IGF) mettait en avant le « manque d’espace » et l’absence de « plan d’ensemble » dans la répartition « déjà si laborieuse » des services. Aussi l’IGF ne prévoyait-elle pas le rapatriement des personnels de la direction de la Dette inscrite installés à la Bourse, et rejetait-elle « formellement » une demande d’installation de la Cour des comptes. Le rapport envisageait un réaménagement des services déjà installés au Louvre : division du contrôle, direction du mouvement général des fonds, direction du personnel et du matériel, direction du contentieux, de l’inspection générale, de la statistique et de l’ordonnancement, directions générales des contributions directes, des contributions indirectes, des douanes, des manufactures de l’Etat. Mais les réclamations émanaient principalement du caissier-payeur central, du payeur de la dette publique et du directeur de la dette, services dont les effectifs étaient en fort accroissement et les agents tenus aux relations avec le public.

A la fin du premier conflit mondial, la multiplication d’opérations touchant aux emprunts d’Etat, à la gestion des rentes, aux remboursements et vérifications de titres, au règlement des dommages de guerre et à l’application de la loi de 1919 relative aux pensions militaires avaient en effet entraîné le développement de certains services -Caisse centrale du Trésor public, direction de la Dette inscrite- et rendu nécessaire la recherche de locaux supplémentaires. Dans un premier temps, on procéda au déménagement hors du Louvre d’une partie de l’administration : la direction générale de l’Enregistrement, la direction générale des Contributions directes. Dès la liquidation des premières pensions de guerre, le service des pensions fut transféré au Palais Royal (projet de loi déposé à la Chambre des députés, séance du 24 avril 1919). Les personnels de la direction générale de l’Enregistrement, installés place Vendôme, furent rapidement réintégrés (décision de la Commission interministérielle chargée de l’inventaire du domaine national, séance du 1er septembre 1926).

Par ailleurs, dès 1920, l’acquisition des hôtels de La Salle et Cambacérès et le transfert rue du Bac de la direction de la Dette inscrite et de son imprimerie permirent la réintégration au Louvre de certains services de la Caisse centrale du Trésor public, de la Comptabilité publique et du Mouvement général des fonds.

La Cour des comptes, avant son installation définitive dans le nouvel immeuble de la rue Cambon (décret du 28 août 1912), était installée sur 600 m² dans les galeries du Palais Royal, bâtiment régi par l’administration des domaines après la révolution de 1848 (décret du 10 novembre 1870). Mais elle occupait également des locaux au Louvre, dans les pavillons de Flore et de Marsan. Dans ce dernier pavillon, faisant face à la rue de l’Echelle, la Cour disposait de bureaux et d’un dépôt d’archives en sous-sol ; c’est une grande partie de ces documents d’archives dont la destruction fut autorisée après l’inondation de 1910 (loi du 9 avril 1910).

La Cour transférée, le ministère des finances reçut l’affectation des locaux qu’elle occupait dans le pavillon de Marsan (décret du 17 décembre 1898), de la même façon qu’il a investi à partir de 1915 les locaux du pavillon de Flore, au bénéfice des services des émissions de la Défense nationale et de la loterie nationale.

Le pavillon de Flore avait fait l’objet de multiples demandes en restitution de la part du ministre de l’éducation nationale, gestionnaire de la direction des Beaux-Arts et du musée du Louvre. Commentant une nouvelle démarche, à la veille de l’exposition de 1937, le ministère des finances émit l’avis que les locaux de ce pavillon ne répondaient plus à ses besoins (« mal distribués, mal éclairés, difficiles à chauffer »), et que leur évacuation était « une mesure sage et souhaitable à tous égards » (direction du personnel et du matériel, rapport au ministre, 19 avril 1935).

A cette époque, les services du ministère des finances étaient dispersés dans onze immeubles différents et le ministère avait envisagé un regroupement dans un immeuble neuf à construire sur le quai d’Orsay (actuel quai Branly), sur le domaine du Garde-meuble national. Un terrain de plus de 25 000 m² avait été cédé à cet effet par la ville de Paris (convention approuvée par la loi du 22 août 1881) et le projet immobilier devait être mis en oeuvre …à partir de 1940.

 

 

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