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PALAIS DU LOUVRE
93 rue de Rivoli

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Histoire du Palais

Les transformations de la  forteresse du Louvre

Bien avant d’être un palais national, le Louvre (une première mention du nom date de la fin du XIIe siècle) fut une forteresse protégée par des tours, accolée à l’enceinte fortifiée par Philippe-Auguste en bord de Seine. La fonction première du « Vieux Louvre », château féodal reconstruit du XIVe au XVIe siècle, a longtemps été la préservation du Trésor d’un royaume menacé par les guerres et l’insécurité : François Ier fut prisonnier de Charles Quint en 1525 et ses armées en campagne en Italie (1526-1529, 1536-1542). Un ordre royal rédigé à Rouen avait donc ordonné « que tous les deniers des domaines, tailles, aides, subsides, [soient] portés au Louvre » (ordonnance du 7 février 1532). Au palais étaient établis un « trésorier de l’épargne », office institué en 1523, et des contrôleurs des recettes et des dépenses du trésor (déclaration du 12 avril 1547).

La transformation du vieux château en palais de la Renaissance, dont les nouveaux bâtiments de l’architecte Pierre Lescot entouraient une ébauche de cour carrée, marqua la résolution de la dynastie des Valois de faire du Louvre une résidence royale ; le palais conservera par intermittence cette fonction jusqu’en 1678, Louis XIV délaissant alors Paris pour Versailles. Chaque souverain apporta sa contribution à l’édification d’une demeure plus emblématique de la puissance de la monarchie. Ce fut notamment le cas avec la construction de la « galerie du bord de l’eau », due aux architectes Jacques Androuet du Cerceau (auteur des plans de l’hôtel de Bretonvilliers) et Métezeau, qui réalisait la jonction avec le chateau des Tuileries, résidence commandée par Catherine de Médicis hors l’enceinte médiévale.

Plan de situation

Le ministère des Finances dans le palais du Louvre

Louis XIII et l’architecte Jacques Lemercier, puis Louis XIV et les architectes Louis Le Vau et Claude Perrault achevèrent la démolition du château médiéval et du quartier enserrant le palais au nord et à l’est, permettant l’édification des bâtiments entourant la Cour carrée. Privé de ses tours, le Louvre ne jouait plus le rôle de gardien du Trésor. A la mort d’Henri IV, le Trésor royal avait été transféré à la Bastille… dans la tour du Trésor. Les surintendants des finances et leurs agents (intendants, premiers commis et commis) s’étaient installés dans des hôtels particuliers. Sous Louis XVI, l’administration du Trésor royal était établie rue Vivienne ; elle y demeurera après la Révolution, l’hôtel Tubeuf abritant le ministère du Trésor public. Toutefois, le Vieux Louvre abritait encore au XVIIe siècle la Monnaie et l’Imprimerie royale, et ses salles du rez-de-chaussée accueillaient, au début du siècle suivant, les séances du Conseil royal des finances, les mardi et vendredi matin, et celles du Conseil du commerce, le jeudi matin.

Un musée et une bibliothèque

Les architectes Charles Percier et Pierre-François Fontaine avaient établi en 1802 les plans d’alignement de la future rue de Rivoli, ainsi que le projet concernant l’ordonnancement des façades d’immeubles et l’environnement architectural de cette voie publique. Au cours de la décennie qui suivit, ils se consacrèrent à l’aménagement des palais du Louvre et des Tuileries : ils projetaient d’achever la réunion des deux ensembles, selon le voeu déjà émis par l’Assemblée nationale constituante (décret du 26 mai 1791). Au cours de la période, le Louvre ne devait pas recouvrir sa fonction financière. La volonté de Napoléon Bonaparte inclinait plutôt vers un « établissement définitif de la Bibliothèque [impériale] au Louvre » (note pour le ministre de l’Intérieur, 6 février 1805).

En fait, ce fut Napoléon III qui ordonna aux architectes Ludovico Visconti et Hector Lefuel d’édifier le « nouveau Louvre », dans le prolongement de l’ancien palais, parachevant le « grand dessein » des rois de France. Cette opération d’envergure, à la fois patrimoniale et urbanistique, fut réalisée entre 1852 et 1857. Elle était primitivement destinée à « concentrer dans un seul et vaste palais tous les produits de la pensée » : exposition d’œuvres d’art et des produits de l’industrie, établissement de la bibliothèque nationale (décret du 24 mars 1848). La démolition de toutes les propriétés publiques et particulières situées dans le périmètre compris entre le Louvre et les Tuileries fut réalisée dans le cadre d’une convention entre l’Etat et la ville de Paris (loi du 4 octobre 1849). Les édifices en cause, au rang desquels figurait l’hôtel de Longueville, étaient susceptibles d’aliénation depuis une législation votée sous le Consulat (loi du 3 nivôse an VIII).

 

 

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